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Sommet sur l’enseignement supérieur en Afrique : Le Recteur de l’UCAD partage ses insights…

Le Recteur de l’UCAD, Pr Ahmadou Aly Mbaye a pris part au sommet panafricain sur l’enseignement supérieur en Afrique. Conjointement organisée par Times Higher Education, l’université de stellenbosch, l’université de Pretoria et the Panafrican Universities Summit, cette rencontre a pour thème l’avenir de l’enseignement supérieur en Afrique.

Des sujets aussi importants que l’employabilité des diplômés, la gestion de la qualité, la place du numérique dans nos programmes d’enseignement et de recherche, la décolonisation des programmes académiques et la place des universités africaines dans les classements internationaux, sont discutés par des acteurs clés de l’écosystème de l’enseignement supérieur en Afrique et dans le monde.

Le recteur de l’Ucad, Pr Ahmadou Aly Mbaye a abordé dans sa communication l’importance d’utiliser les rankings comme moyen de développer des partenariats entre universités venant de différents horizons, au lieu de les utiliser comme moyen de se faire la concurrence. Les universités du monde, à des degrés divers font face à des défis assez similaires, compte non tenu de leur appartenance géographique. Les rankings doivent renforcer l’internationalisation des universités au lieu de les opposer, rapporte Ucad.sn.

Il a en particulier déploré le faible niveau de coopération entre universités francophones et anglophones sur le continent Africain. Ces deux catégories d’universités fonctionnent comme deux solitudes. Ce que ni la barrière linguistique ni la différence de tradition académique propre à chaque région ne sauraient justifier.

Selon la même source, il a aussi insisté sur le fait que les rankings doivent mieux documenter pour mieux les encourager les interactions entre les universités et les autres centres de production des savoirs en Afrique.

Il a donné l’exemple de l’UCAD qui a développé une initiative appelée « Dialogue des savoirs » visant à instaurer un dialogue permanent entre l’université et différents autres acteurs de production, d’utilisation et de diffusion des savoirs endogènes comme les artistes, les guérisseurs, les historiens et autres philosophes traditionnels. Ces différents segments qui ont souvent l’arabe ou les langues locales comme langues de communication ont souvent plus d’impact sur la société que les universités modernes. Il a donné le cas des guérisseurs qui satisfont jusqu’à 80% des demandes en soins de santé, selon beaucoup d’estimations.

Pr Mbaye estime que ces interactions sont toujours en phase de balbutiements mais devraient être renforcées dans les années à venir, où « le Dialogue des Savoirs » se déclinera selon d’autres modalités.

Enfin, le recteur a insisté sur quelques dimensions particulières des universités francophones découlant de l’héritage coloniale et qui ont de fortes implications sur les rankings. Ainsi en est-il de l’obligation des universités de donner une place dans les universités à tous les bacheliers de l’enseignement secondaire. Ce qui conduit à une massification soutenue des effectifs d’étudiants. A titre d’exemples, le nombre de primo entrants à l’UCAD est passé de 17000 en 2015 à 28000 en 2023.

Ceci conduit à un niveau élevé d’échecs surtout pour les deux premières années avec jusqu’à 80% de ces primo entrants qui n’atteindront pas la licence dans le délai requis des 3 ans. Alors que dans les universités occidentales la sélection se fait à l’entrée, dans les universités africaines, ce sont les deux premières années d’études qui posent le plus de défis aux primo-entrants. Le financement de la recherche pose aussi problème, avec un niveau minimal de contribution des familles même lorsqu’elles sont aisées. La faible proportion des inventions qui sont transformées en innovations (moins de 3%) est un autre défi qui en limite la qualité.

Nonobstant ces limites, les universités francophones africaines ont un impact social non négligeable, en ce qu’elles offrent des opportunités aux enfants venant des familles démunies à poursuivre leurs études et à gravir l’échelle de la hiérarchie sociale. Contrairement à certaines universités occidentales (américaines en particulier) où le niveau de revenu de la famille a un impact décisif sur le parcours scolaire des enfants, en Afrique francophone une proportion non négligeable des hauts cadres de l’administration et du privé, jusqu’aux présidents de la République sont d’origine modeste.

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