{"id":1147706,"date":"2026-03-08T19:23:57","date_gmt":"2026-03-08T19:23:57","guid":{"rendered":"https:\/\/afrikmatin.com\/?p=1147706"},"modified":"2026-03-08T19:23:57","modified_gmt":"2026-03-08T19:23:57","slug":"entretien-avec-le-professeur-abdou-niang-nephrologue-maladie-des-reins","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/afrikmatin.com\/?p=1147706","title":{"rendered":"Entretien avec le Professeur Abdou Niang N\u00e9phrologue -Maladie des reins:"},"content":{"rendered":"<p>L&rsquo;insuffisance r\u00e9nale chronique fait tr\u00e8s souvent peur\u00a0\u00e0 ceux qui ne la connaissent pas. Mais ce qu&rsquo;il faut savoir, c&rsquo;est qu\u2019entre le d\u00e9but ou le diagnostic de la maladie\u00a0et le moment o\u00f9 la maladie arrive au stade terminal,\u00a0on peut vivre plus de 50 ans.<\/p>\n<p>C&rsquo;est pour cela que l\u2019on dit que la maladie r\u00e9nale est un tueur silencieux.\u00a0 Mais, m\u00eame lorsqu&rsquo;on a fini de d\u00e9truire ses reins\u00a0et qu&rsquo;on commence la dialyse,\u00a0 on peut vivre plus de 40 ans en dialyse.\u00a0 Celui \u00e0 qui on donne un rein qui est greff\u00e9\u00a0peut vivre plus de 40 ans. Cela veut dire que les possibilit\u00e9s de survie\u00a0sont extraordinaires dans cette maladie.\u00a0Mais, il faut de la compatibilit\u00e9.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, la m\u00e9decine progresse de telle sorte qu\u2019on est en train de franchir\u00a0un autre pas qui est extraordinaire.<\/p>\n<p>On parle maintenant des z\u00e9no transplantations.\u00a0On a vu maintenant des patients aux Etats-Unis\u00a0qui ont re\u00e7u un rein d&rsquo;un animal\u00a0: un porc.<\/p>\n<p>La recherche est en train de progresser\u00a0et peut-\u00eatre que d&rsquo;ici quelques d\u00e9cennies, on n&rsquo;aura plus besoin de l&rsquo;organe humain,\u00a0 mais on va utiliser l&rsquo;organe animal.<\/p>\n<p><strong>PARCOURS DU COMBATTANT<\/strong><\/p>\n<p>Quand on a commenc\u00e9 au S\u00e9n\u00e9gal\u00a0\u00e0 traiter les malades de dialyse,\u00a0c&rsquo;\u00e9tait un parcours du combattant. Il faut savoir que jusqu&rsquo;en 2000, il n\u2019y avait qu\u2019un seul centre de dialyse\u00a0avec sept ( 7)machines pour 10 millions d&rsquo;habitants.\u00a0Et je me rappelle, l\u2019hebdomadaire la Gazette, avait vraiment titr\u00e9 dans un de ses num\u00e9ros\u00a0 \u00ab nous avons 10 machines pour 10 millions d&rsquo;habitants,\u00a0nous sommes tous en danger. \u00bb\u00a0C&rsquo;\u00e9tait la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p>Avec la sensibilisation et l&rsquo;information, on a mieux connu cette maladie.\u00a0Gr\u00e2ce \u00e0 ce plaidoyer,\u00a0 les autorit\u00e9s aussi ont \u00e9t\u00e9 mieux inform\u00e9es. C\u2019est avec le premier ministre Souleymane Ndend\u00e9 Ndiaye,\u00a0que l\u2019on a inscrit le premier milliard\u00a0dans le budget de l&rsquo;\u00c9tat du S\u00e9n\u00e9gal. Ceci a permis de d\u00e9centraliser la dialyse.\u00a0On a mis en place le centre de Saint-Louis,\u00a0de Tambacounda, de Kaolack. C\u2019\u00e9tait en 2010. \u00a0 Au fur et \u00e0 mesure, nous avons fait des pas, mais le probl\u00e8me, c&rsquo;est que la progression de la maladie\u00a0est tellement rapide que tout ce que vous faites,\u00a0\u00a0c&rsquo;est comme si vous jetez une goutte d&rsquo;eau dans la mer.<\/p>\n<p>C&rsquo;est la transition \u00e9pid\u00e9miologique\u00a0qui nous a permis de positionner les maladies des reins parmi les maladies prioritaires. L&rsquo;insuffisance r\u00e9nale\u00a0est la maladie qui cro\u00eet le plus rapidement dans le monde\u00a0au cours de ces 20 derni\u00e8res ann\u00e9es. Elle va passer de la 11e cause de mortalit\u00e9\u00a0\u00e0 la 5<sup>e<\/sup> cause de mortalit\u00e9 d&rsquo;ici 2030.\u00a0 Sa progression est fulgurante, sans commune mesure avec aucune autre maladie.<\/p>\n<p><strong>maladies \u00e0 soins co\u00fbteux<\/strong><\/p>\n<p>Pendant longtemps, on faisait face \u00e0 ce qu&rsquo;on appelle\u00a0les maladies transmissibles, les maladies infectieuses.\u00a0 C&rsquo;\u00e9tait le paludisme,<\/p>\n<p>l&rsquo;infection \u00e0 VIH et puis, avec la transition \u00e9pid\u00e9miologique,\u00a0 non seulement on n&rsquo;a pas fini d&rsquo;\u00e9liminer ces maladies infectieuses,\u00a0 mais maintenant, on fait face aux maladies chroniques non transmissibles\u00a0: c&rsquo;est le diab\u00e8te, c&rsquo;est l&rsquo;hypertension art\u00e9rielle,\u00a0 ce sont les cancers, les maladies respiratoires chroniques,\u00a0 c&rsquo;est l&rsquo;insuffisance r\u00e9nale.\u00a0Toutes les maladies cardiovasculaires-l\u00e0 sont pratiquement toutes pourvoyeuses de maladies r\u00e9nales.<\/p>\n<p>Les maladies r\u00e9nales sont non seulement chroniques non transmissible, mais elles font partie de ce qu&rsquo;on appelle\u00a0les maladies \u00e0 soins co\u00fbteux avec le cancer.\u00a0 Une vie d&rsquo;une ann\u00e9e en Dialyse co\u00fbte 12 millions de francs CFA.\u00a0 Donc, si vous vivez 12 ans, \u00e7a co\u00fbte 120 millions de francs CFA.<\/p>\n<p>Alors, aujourd&rsquo;hui, nous savons que nos \u00c9tats\u00a0ont des difficult\u00e9s pour faire face. Le S\u00e9n\u00e9gal d\u00e9pense 6 milliards de francs CFA chaque ann\u00e9e,\u00a0 mais malheureusement, on ne parvient \u00e0 soigner\u00a0que 1 000 malades avec cela, alors que chaque ann\u00e9e, nous avons 1 000 nouveaux malades\u00a0qui arrivent au stade de dialyse qui nous tombent entre les mains. Si on devait prendre tous ses malades, c&rsquo;est pourquoi, nous devons utiliser l&rsquo;autre arme qu\u2019est la pr\u00e9vention et le d\u00e9pistage pr\u00e9coce. Les malades\u00a0(7:19)\u00a0ne tombent pas en insuffisance r\u00e9nale brutalement.\u00a0 Ils ont des maladies qu&rsquo;on a identifi\u00e9es, qu&rsquo;on peut soigner et ceci nous permet de pr\u00e9venir une insuffisance r\u00e9nale.\u00a0 On sait qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui que si vous avez 10 malades qui sont en Dialyse,\u00a0 les 6 voire les 7 sont l\u00e0 parce qu&rsquo;ils ont une hypertension art\u00e9rielle<\/p>\n<p>qui n&rsquo;est pas bien trait\u00e9e, un diab\u00e8te qui n&rsquo;est pas bien trait\u00e9,\u00a0ou ils ont pris des m\u00e9dicaments traditionnels.<\/p>\n<p>Les m\u00e9dicaments traditionnels sont un fl\u00e9au. L&rsquo;intoxication \u00e0 ces produits\u00a0dont on ne ma\u00eetrise pas les toxicit\u00e9s peut causer des maladies graves et je ne parle pas des autres causes.\u00a0(8:01)\u00a0Cela veut dire que si demain,\u00a0 nous faisons une campagne de sensibilisation envers les populations,\u00a0 si nous faisons le d\u00e9pistage pr\u00e9coce de ces maladies,\u00a0mais si nous subventionnons aussi les traitements pour ces maladies-l\u00e0, pouvons sauver \u00e9norm\u00e9ment de malades.\u00a0C&rsquo;est cette strat\u00e9gie qu&rsquo;on doit porter au niveau le plus \u00e9lev\u00e9\u00a0ainsi\u00a0pour nous pourrions r\u00e9duire de mani\u00e8re drastique\u00a0l&rsquo;incidence de l&rsquo;infection r\u00e9nale chronique.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>12 mars c\u00e9l\u00e9bration de la Journ\u00e9e mondiale du Rein<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>A l&rsquo;instar des autres pays du monde, le 12 mars, on va c\u00e9l\u00e9brer la Journ\u00e9e mondiale du Rein.\u00a0Cette Journ\u00e9e mondiale arrive dans un contexte extraordinaire\u00a0parce qu&rsquo;en 2005, pour la premi\u00e8re fois,\u00a0 l&rsquo;Organisation mondiale de la Sant\u00e9 a vot\u00e9 une r\u00e9solution internationale\u00a0pour mettre les maladies r\u00e9nales au rang de priorit\u00e9 mondiale\u00a0et imposer \u00e0 tous les \u00c9tats d&rsquo;avoir une politique bien d\u00e9finie de pr\u00e9vention\u00a0et de traitement de l&rsquo;incidence r\u00e9nale. Cette r\u00e9solution a \u00e9t\u00e9 vot\u00e9e, lors de la derni\u00e8re assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des Nations Unies.\u00a0Maintenant, les r\u00e9solutions sont bonnes mais\u00a0il faut passer aux actes,\u00a0il faut avoir des feuilles de route\u00a0pour pouvoir vraiment impacter sur l&rsquo;incidence de cette maladie dans le monde.<\/p>\n<p>Nous avons une insuffisance aussi bien sur les ressources humaines\u00a0qu\u2019au plan des infrastructures.\u00a0 Par rapport aux ressources humaines,\u00a0nous avons fait des pas,\u00a0 parce qu\u2019en 2010, il n&rsquo;y avait que trois n\u00e9phrologues au S\u00e9n\u00e9gal, aujourd&rsquo;hui, nous sommes plus de cinquante\u00a0parce que nous avons ouvert \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 Cheikh Anta-Diop de Dakar\u00a0une fili\u00e8re de formation de n\u00e9phrologues\u00a0qui nous a permis de former plus de 200 n\u00e9phrologues. Ils venaient de 20 pays d&rsquo;Afrique francophone,\u00a0 dont une cinquantaine de S\u00e9n\u00e9galais.\u00a0 Il faut savoir m\u00eame que nous avons form\u00e9\u00a0plus de n\u00e9phrologues marocains\u00a0que de n\u00e9phrologues s\u00e9n\u00e9galais dans ces 200-l\u00e0, cela veut dire qu&rsquo;il nous faudra faire des efforts\u00a0sur le plan de la formation,\u00a0mettre plus de moyens\u00a0pour que plus de S\u00e9n\u00e9galais\u00a0puissent \u00eatre form\u00e9s dans ce domaine-l\u00e0.<\/p>\n<p>En termes d&rsquo;infrastructures aussi, nous prenons comme rep\u00e8re 2010,\u00a0o\u00f9 nous n&rsquo;avions que trois ( 3) centres de dialyse. Aujourd\u2019hui, nous sommes \u00e0 27 centres de dialyse\u00a0dans les 14 r\u00e9gions du S\u00e9n\u00e9gal.\u00a0 Cela veut dire que dans chaque r\u00e9gion du S\u00e9n\u00e9gal,\u00a0\u00a0il y a au moins un (1) centre de dialyse et un n\u00e9phrologue.<\/p>\n<p>Mais malheureusement,\u00a0 c&rsquo;est comme une goutte d&rsquo;eau dans la mer par rapport aux besoins.\u00a0Aujourd&rsquo;hui, nous avons au S\u00e9n\u00e9gal\u00a0moins de 3 n\u00e9phrologues par million d&rsquo;habitants,\u00a0 comme dans la plupart des pays africains.\u00a0 Si je vous donne une comparaison,\u00a0 quand vous allez dans les pays d&rsquo;Europe,\u00a0 c\u2019est une moyenne de 30 n\u00e9phrologues\u00a0par million d&rsquo;habitants. Tout cela fait que sur dix ( 10 ) malades\u00a0qui ont besoin de dialyse au S\u00e9n\u00e9gal,\u00a0il n&rsquo;y a qu&rsquo;un qui aura acc\u00e8s.\u00a0les neuf vont mourir.<\/p>\n<p><strong>Appel \u00e0 la solidarit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;\u00c9tat a des moyens limit\u00e9s.<\/p>\n<p>Nous avons des S\u00e9n\u00e9galais capables\u00a0d&rsquo;impacter sur cette lutte.\u00a0 Au Maroc, j&rsquo;ai vu\u00a0des associations de soutien aux h\u00f4pitaux\u00a0construire des centres de dialyse,\u00a0 les \u00e9quiper et les mettre \u00e0 la disposition de l&rsquo;\u00c9tat.\u00a0 Ce qui fait que vers les ann\u00e9es 2000-2005,\u00a0\u00a060% des malades qui \u00e9taient dialys\u00e9s au Maroc\u00a0\u00e9taient pris en charge par ces associations.<\/p>\n<p>(13:24)\u00a0Au S\u00e9n\u00e9gal,\u00a0 nous avons quelqu&rsquo;un,\u00a0 Abdoulaye Sylla,\u00a0\u00a0PDG de Ecotra pour ne pas le nommer,\u00a0a construit un centre de dialyse\u00a0en d\u00e9pensant 600 millions de FCFA<\/p>\n<p>Il offre tous ces \u00e9moluments\u00a0de d\u00e9put\u00e9s au\u00a0 centre de dialys.\u00a0Le centre va \u00eatre\u00a0le plus grand centre en Afrique de l&rsquo;Ouest\u00a0avec 44 positions.\u00a0 Il n&rsquo;y a aucun centre\u00a0qui faisait plus de 20 positions.<\/p>\n<p>Imaginez que d&rsquo;autres personnes\u00a0qui ont les moyens au S\u00e9n\u00e9gal s\u2019engagent \u00e9galement avec l&rsquo;\u00c9tat.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;insuffisance r\u00e9nale chronique fait tr\u00e8s souvent peur\u00a0\u00e0 ceux qui ne la connaissent pas. 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