{"id":17614,"date":"2025-04-07T15:00:47","date_gmt":"2025-04-07T15:00:47","guid":{"rendered":"http:\/\/fr.africanews.com\/2025\/04\/07\/kenya-kakuma-de-camp-de-refugies-a-ville-durable\/"},"modified":"2025-04-07T15:00:47","modified_gmt":"2025-04-07T15:00:47","slug":"kenya-kakuma-de-camp-de-refugies-a-ville-durable","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/afrikmatin.com\/?p=17614","title":{"rendered":"Kenya : Kakuma, de camp de r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 ville durable"},"content":{"rendered":"<div><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/afrikmatin.com\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/kenya-kakuma-de-camp-de-refugies-a-ville-durable.jpg\" class=\"ff-og-image-inserted\"><\/div>\n<p><strong>Balay\u00e9e par le vent et isol\u00e9e dans le nord-ouest du Kenya, Kakuma n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue comme un lieu de r\u00e9sidence permanente.<\/strong> <\/p>\n<p>Par un coup du sort, elle est devenue l&rsquo;un des camps de r\u00e9fugi\u00e9s les plus c\u00e9l\u00e8bres d&rsquo;Afrique, attirant des personnes fuyant les calamit\u00e9s au Sud-Soudan, en \u00c9thiopie et au Congo.<\/p>\n<p>Plus de trente ans apr\u00e8s l\u2019apparition des premi\u00e8res tentes en 1992, Kakuma abrite d\u00e9sormais 300 000 r\u00e9fugi\u00e9s, dont beaucoup d\u00e9pendent de l&rsquo;aide humanitaire pour survivre. R\u00e9cemment, des affrontements ont eu lieu entre certains r\u00e9fugi\u00e9s et la police en raison de la diminution des rations alimentaires.<\/p>\n<p>Face \u00e0 cette situation, le gouvernement kenyan et les agences humanitaires ont \u00e9labor\u00e9 un plan ambitieux pour transformer Kakuma en une ville. Bien que le camp reste sous la gestion des Nations unies, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9sign\u00e9 comme une municipalit\u00e9 qui sera g\u00e9r\u00e9e par les autorit\u00e9s locales. Cette initiative vise \u00e0 int\u00e9grer les r\u00e9fugi\u00e9s dans les populations locales et \u00e0 r\u00e9duire leur d\u00e9pendance \u00e0 l&rsquo;aide.<\/p>\n<p>Un jour, les r\u00e9fugi\u00e9s de Kakuma devront vivre de leurs propres revenus. Cela s&rsquo;annonce difficile. La ville la plus proche se trouve \u00e0 huit heures de route, et peu de r\u00e9fugi\u00e9s peuvent obtenir la citoyennet\u00e9 kenyane. Bien qu&rsquo;une loi de 2021 permette aux r\u00e9fugi\u00e9s d&rsquo;occuper un emploi formel, seule une infime minorit\u00e9 y parvient.<\/p>\n<p>Les conditions de vie \u00e0 Kakuma ne facilitent pas cette int\u00e9gration. L&rsquo;\u00e9levage de b\u00e9tail est impossible en raison de l&rsquo;aridit\u00e9 de l&rsquo;environnement, et la culture est limit\u00e9e par le manque d&rsquo;eau. Par cons\u00e9quent, de nombreux r\u00e9fugi\u00e9s consid\u00e8rent que la cr\u00e9ation d&rsquo;une entreprise est leur seule option. Cependant, les taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat des pr\u00eats bancaires atteignent souvent 20 %, et peu de r\u00e9fugi\u00e9s disposent des garanties n\u00e9cessaires pour contracter un pr\u00eat.<\/p>\n<p>Julienne Oyler, directrice d&rsquo;Inkomoko, une organisation caritative offrant formation financi\u00e8re et pr\u00eats \u00e0 faible co\u00fbt aux entreprises africaines, souligne : \u00ab\u00a0Refuser l&rsquo;acc\u00e8s au cr\u00e9dit est un \u00e9norme gaspillage de capital humain.\u00a0\u00bb Elle note que les propri\u00e9taires d&rsquo;entreprises r\u00e9fugi\u00e9s poss\u00e8dent souvent des caract\u00e9ristiques qui font d&rsquo;eux de bons entrepreneurs : r\u00e9silience, cr\u00e9ativit\u00e9 et capacit\u00e9 \u00e0 s&rsquo;adapter.<\/p>\n<p>D&rsquo;autres options de financement existent, comme les microcr\u00e9dits ou le financement collectif, mais les montants sont souvent insuffisants pour soutenir les entreprises en croissance. <\/p>\n<p>Adele Mubalama, cliente d&rsquo;Inkomoko, a fui le Congo en 2018 avec sept enfants. Apr\u00e8s un long p\u00e9riple, elle a retrouv\u00e9 son mari au camp. Gr\u00e2ce \u00e0 un cours de couture, elle a commenc\u00e9 \u00e0 fabriquer des masques pendant la pand\u00e9mie de COVID-19. En empruntant \u00e0 Inkomoko \u00e0 un taux avantageux, elle a pu d\u00e9velopper son affaire, embaucher 26 personnes et r\u00e9aliser un b\u00e9n\u00e9fice de 8 300 dollars l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Certaines personnes ont peur des pr\u00eats, mais ce sont une bonne chose,\u00a0\u00bb affirme Mubalama. \u00ab\u00a0Les organisations comme Inkomoko pr\u00eatent de l&rsquo;argent pour cr\u00e9er des entreprises.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Un autre exemple est Mesfin Getahun, un ancien soldat d&rsquo;\u00c9thiopie qui a cr\u00e9\u00e9 les magasins \u00ab\u00a0Jesus is Lord\u00a0\u00bb. Gr\u00e2ce \u00e0 115 000 dollars de pr\u00eats d&rsquo;Inkomoko, il a construit la plus grande cha\u00eene de magasins de Kakuma. <\/p>\n<p>Le commerce avec d&rsquo;autres villes est \u00e9galement essentiel. Inkomoko aide \u00e0 relier les entreprises de r\u00e9fugi\u00e9s avec des fournisseurs d&rsquo;Eldoret, \u00e0 482 kilom\u00e8tres au sud, pour \u00e9viter les interm\u00e9diaires co\u00fbteux et int\u00e9grer Kakuma dans l&rsquo;\u00e9conomie kenyane.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Actuellement, le HCR ne dispose que de faibles budgets ici,\u00a0\u00bb explique M. Getahun. \u00ab\u00a0L&rsquo;aide est moins efficace qu&rsquo;auparavant.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Alors que l&rsquo;aide diminue et que les politiques \u00e9voluent, l&rsquo;avenir de Kakuma pourrait d\u00e9pendre de ceux qui, autrefois, n&rsquo;\u00e9taient que de passage.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Balay\u00e9e par le vent et isol\u00e9e dans le nord-ouest du Kenya, Kakuma n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue comme un lieu de r\u00e9sidence permanente. Par un coup du sort, elle est devenue l&rsquo;un des camps de r\u00e9fugi\u00e9s les plus c\u00e9l\u00e8bres d&rsquo;Afrique, attirant des personnes fuyant les calamit\u00e9s au Sud-Soudan, en \u00c9thiopie et au Congo. 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