{"id":20047,"date":"2025-05-21T14:16:07","date_gmt":"2025-05-21T14:16:07","guid":{"rendered":"http:\/\/fr.africanews.com\/2025\/05\/19\/vih-la-reduction-de-laide-nuit-aux-interets-americains-en-afrique\/"},"modified":"2025-05-21T14:16:07","modified_gmt":"2025-05-21T14:16:07","slug":"vih-la-reduction-de-laide-nuit-aux-interets-americains-en-afrique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/afrikmatin.com\/?p=20047","title":{"rendered":"VIH : la r\u00e9duction de l\u2019aide nuit aux int\u00e9r\u00eats am\u00e9ricains en Afrique"},"content":{"rendered":"<div><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/afrikmatin.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/vih-la-reduction-de-laide-nuit-aux-interets-americains-en-afrique.jpg\" class=\"ff-og-image-inserted\"><\/div>\n<p><strong>R\u00e9duire l\u2019aide au VIH compromet les int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques et strat\u00e9giques des \u00c9tats-Unis, comme le montre le cas du Nigeria.<\/strong><\/p>\n<p>Il y a un peu plus de vingt ans, la lutte contre la crise du VIH au Nigeria \u00e9tait la priorit\u00e9 absolue du pr\u00e9sident am\u00e9ricain George W. Bush. Le pays le plus peupl\u00e9 d&rsquo;Afrique comptait 3,5 millions de cas de VIH, et la maladie mena\u00e7ait de d\u00e9stabiliser la r\u00e9gion et, \u00e0 terme, de compromettre les int\u00e9r\u00eats am\u00e9ricains. Ces int\u00e9r\u00eats comprenaient la garantie de l&rsquo;acc\u00e8s aux importantes r\u00e9serves p\u00e9troli\u00e8res du Nigeria, le maintien de la stabilit\u00e9 militaire r\u00e9gionale et la protection de partenariats commerciaux valant des milliards.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s des ann\u00e9es d&rsquo;agitation de la part des militants de la lutte contre le sida, Bush a lanc\u00e9 le Plan pr\u00e9sidentiel d&rsquo;urgence pour la lutte contre le sida (PEPFAR) en 2003. Ce programme de traitement du VIH, men\u00e9 par les \u00c9tats-Unis, a depuis sauv\u00e9 des dizaines de millions de vies dans le monde.<\/p>\n<p>Lorsque je vivais au Nigeria pour mon travail d&rsquo;anthropologue m\u00e9dicale, j&rsquo;ai assist\u00e9 au d\u00e9ploiement du PEPFAR et constat\u00e9 de mes propres yeux comment les th\u00e9rapies efficaces qu&rsquo;il proposait ont transform\u00e9 la vie des Nig\u00e9rians. Les femmes avec lesquelles j&rsquo;ai travaill\u00e9 m&rsquo;ont confi\u00e9 qu&rsquo;elles pouvaient enfin mettre de c\u00f4t\u00e9 la peur de la mort ou de l&rsquo;abandon qui les avait accabl\u00e9s. Ils pourraient plut\u00f4t se concentrer sur un horizon de possibilit\u00e9s nouvellement \u00e9largi&nbsp;: construire une carri\u00e8re, trouver l\u2019amour, avoir des enfants en bonne sant\u00e9.<\/p>\n<p>Cependant, une menace s\u00e9rieuse plane aujourd\u2019hui sur la pr\u00e9vention et le traitement du VIH dans le monde. La d\u00e9cision de l\u2019administration Trump de restreindre consid\u00e9rablement l\u2019acc\u00e8s \u00e0 un outil essentiel de pr\u00e9vention du VIH \u2013 la prophylaxie pr\u00e9-exposition (PrEP) financ\u00e9e par le PEPFAR \u2013 interromprait le traitement en cours pour des millions de personnes et bloquerait l\u2019acc\u00e8s futur \u00e0 d\u2019innombrables autres personnes qui ont besoin de cette protection.<\/p>\n<p>Le moment est catastrophique&nbsp;: des scientifiques ont r\u00e9cemment r\u00e9alis\u00e9 une avanc\u00e9e majeure dans la pr\u00e9vention du VIH. Nomm\u00e9 \u00ab&nbsp;D\u00e9couverte de l\u2019ann\u00e9e 2024&nbsp;\u00bb par la revue Science, le l\u00e9nacapavir offre une protection contre le VIH pendant six mois avec une seule injection. Contrairement aux pr\u00e9c\u00e9dentes options de PrEP qui n\u00e9cessitaient des comprim\u00e9s quotidiens, ce qui cr\u00e9ait des obstacles importants \u00e0 l\u2019acc\u00e8s et \u00e0 l\u2019observance du traitement, cette injection biannuelle simplifie consid\u00e9rablement la pr\u00e9vention.<\/p>\n<p>En compromettant l\u2019acc\u00e8s \u00e0 un traitement essentiel \u00e0 la r\u00e9duction des taux de VIH, les nouvelles restrictions de l\u2019administration Trump menacent de compromettre deux d\u00e9cennies d\u2019investissements bipartites pour l\u2019\u00e9limination du VIH \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale. Les cons\u00e9quences vont bien au-del\u00e0 des vies individuelles.<\/p>\n<h2><strong>L&rsquo;apr\u00e8s-vie de l&rsquo;aide<\/strong><\/h2>\n<p>\u00ab&nbsp;Certaines personnes infect\u00e9es choisissent d&rsquo;\u00eatre m\u00e9chantes et de propager le virus&nbsp;\u00bb, confie Elizabeth, une femme que j&rsquo;ai interview\u00e9e lors de mon s\u00e9jour au Nig\u00e9ria. J&rsquo;utilise un pseudonyme afin de prot\u00e9ger sa vie priv\u00e9e. \u00ab&nbsp;Ils disent&nbsp;: \u201cOn me l&rsquo;a transmis, alors je vais le propager aussi.\u201d Mais s&rsquo;ils savaient qu&rsquo;ils peuvent vivre positivement avec le virus, cela att\u00e9nuerait leurs pens\u00e9es n\u00e9gatives.\u00bb<\/p>\n<p>Les propos d&rsquo;Elizabeth r\u00e9v\u00e8lent une dynamique inqui\u00e9tante&nbsp;: lorsque l&rsquo;espoir d&rsquo;un traitement dispara\u00eet, un d\u00e9sespoir dangereux peut le remplacer. Les patients qui se sentent abandonn\u00e9s par les syst\u00e8mes de sant\u00e9 risquent de perdre leur motivation \u00e0 prot\u00e9ger les autres du VIH. Ils peuvent \u00e9galement cesser de se faire soigner, abandonner les mesures de pr\u00e9vention et se d\u00e9tourner de toute aide future.<\/p>\n<p>Les anthropologues culturels utilisent l&rsquo;expression \u00ab&nbsp;l&rsquo;apr\u00e8s-vie de l&rsquo;aide&nbsp;\u00bb pour d\u00e9crire ce qui se passe apr\u00e8s la suppression ou la r\u00e9duction drastique des programmes d&rsquo;aide mondiale. Les communaut\u00e9s se retrouvent non seulement sans ressources, mais aussi avec un sentiment durable de trahison qui sape leur volont\u00e9 de demander de l&rsquo;aide, cr\u00e9ant des cycles de scepticisme qui peuvent perdurer pendant des g\u00e9n\u00e9rations.<\/p>\n<h2>Le traitement comme espoir<\/h2>\n<p>Lors de mon travail de terrain, j&rsquo;ai pu constater que g\u00e9rer la vie avec le virus implique bien plus que la prise de m\u00e9dicaments. Il faut g\u00e9rer avec prudence les relations personnelles, les obligations familiales, les attentes culturelles et les espoirs pour l&rsquo;avenir.<\/p>\n<p>De nombreuses femmes avec lesquelles j&rsquo;ai travaill\u00e9 avaient contract\u00e9 le VIH de leur mari ou de leur petit ami. Certaines soup\u00e7onnaient m\u00eame la s\u00e9ropositivit\u00e9 de leur partenaire, mais \u00e9taient incapables de se prot\u00e9ger. Avant ces m\u00e9dicaments, les femmes, s\u00e9ropositives ou s\u00e9ron\u00e9gatives, devaient choisir entre risquer le rejet ou la transmission.<\/p>\n<p>L&rsquo;histoire d&rsquo;Elizabeth et David illustre ces difficult\u00e9s. Ils \u00e9taient ensemble depuis plus d&rsquo;un an lorsque David a fait sa demande en mariage. \u00ab Quand j&rsquo;ai senti qu&rsquo;il envisageait s\u00e9rieusement le mariage, j&rsquo;ai su que je devais lui annoncer mon statut \u00bb, m&rsquo;a confi\u00e9 Elizabeth lors d&rsquo;une de nos nombreuses conversations. Bien que choqu\u00e9 au d\u00e9part, il est rest\u00e9 engag\u00e9 dans leur relation.<\/p>\n<p>Elizabeth avait suivi scrupuleusement son traitement anti-VIH pendant dix ans, mais le couple avait encore du mal \u00e0 utiliser syst\u00e9matiquement le pr\u00e9servatif. <\/p>\n<p>David a d\u00e9crit l&rsquo;utilisation du pr\u00e9servatif comme \u00ab manger un bonbon avec son emballage \u00bb. Il \u00e9tait \u00e9galement impatient d&rsquo;avoir un enfant. Si la PrEP avait consid\u00e9rablement r\u00e9duit le risque de transmission, elle imposait \u00e0 Elizabeth l&rsquo;enti\u00e8re responsabilit\u00e9 de prot\u00e9ger son mari.<\/p>\n<p>Le parcours d&rsquo;Elizabeth illustre \u00e0 quel point les attentes culturelles nig\u00e9rianes compliquaient leur situation. Alors que prouver sa fertilit\u00e9 est souvent consid\u00e9r\u00e9 comme essentiel \u00e0 l&rsquo;affirmation de son identit\u00e9 de genre, la pression pour avoir des rapports sexuels sans protection cr\u00e9ait une tension suppl\u00e9mentaire. De plus, le besoin d&rsquo;Elizabeth de concilier ses propres besoins de sant\u00e9 avec les d\u00e9sirs de son mari refl\u00e9tait la d\u00e9licate n\u00e9gociation que de nombreuses Nig\u00e9rianes doivent mener entre leur bien-\u00eatre personnel et leur mariage.<\/p>\n<p>Alors qu&rsquo;Elizabeth se pr\u00e9parait \u00e0 la naissance de leur enfant, elle exprimait \u00e0 la fois sa joie et son anxi\u00e9t\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je dois rester en bonne sant\u00e9 pour eux deux maintenant.\u00bb<\/p>\n<h2>Politiser la sant\u00e9 mondiale<\/h2>\n<p>Les pr\u00e9c\u00e9dentes interruptions de l&rsquo;aide laissent pr\u00e9sager les enjeux lorsque les changements de priorit\u00e9s politiques am\u00e9ricaines compromettent le financement de la sant\u00e9 mondiale.<\/p>\n<p>Prenons l&rsquo;exemple de la flamb\u00e9e mondiale de la mortalit\u00e9 maternelle et infantile lorsque le pr\u00e9sident Ronald Reagan a instaur\u00e9 la politique de Mexico, souvent appel\u00e9e \u00ab&nbsp;r\u00e8gle du b\u00e2illon mondial&nbsp;\u00bb. Elle a bloqu\u00e9 le financement am\u00e9ricain de toutes les organisations non gouvernementales internationales qui fournissaient ou m\u00eame orientaient vers des services d&rsquo;avortement.<\/p>\n<p>Cette politique a \u00e9t\u00e9 mise en \u0153uvre \u00e0 maintes reprises par les administrations r\u00e9publicaines \u2013 notamment celles de George H.W. Bush, George W. Bush et Donald Trump durant son premier mandat \u2013 puis abrog\u00e9e par les pr\u00e9sidents d\u00e9mocrates, cr\u00e9ant un cycle perturbateur d&rsquo;incertitude financi\u00e8re. Parmi les organisations concern\u00e9es figurent les b\u00e9n\u00e9ficiaires des fonds du PEPFAR.<\/p>\n<p>Le co\u00fbt humain de ce retournement de situation politique est mesurable et consid\u00e9rable. Des chercheurs ont constat\u00e9 qu&rsquo;avec l&rsquo;adoption de cette loi, les pays du monde entier subissent une augmentation des taux de mortalit\u00e9 des nouveau-n\u00e9s et des m\u00e8res, ainsi qu&rsquo;une augmentation des cas de VIH. Dans les pays fortement d\u00e9pendants de l&rsquo;aide am\u00e9ricaine, la politique de Mexico a entra\u00een\u00e9 environ 80 d\u00e9c\u00e8s d&rsquo;enfants et neuf d\u00e9c\u00e8s maternels suppl\u00e9mentaires pour 100&nbsp;000 naissances vivantes par an, et environ une infection au VIH suppl\u00e9mentaire pour 10&nbsp;000 personnes non infect\u00e9es.<\/p>\n<p>Mes recherches au Nig\u00e9ria r\u00e9v\u00e8lent \u00e9galement la fragilit\u00e9 des progr\u00e8s qui sont d\u00e9sormais en jeu. Avant l&rsquo;arriv\u00e9e des traitements, le VIH ravageait les communaut\u00e9s nig\u00e9rianes. En 2001, pr\u00e8s de 6 % de la population \u00e9tait atteinte du VIH, soit environ 3,5 millions de personnes. La langue haoussa refl\u00e9tait ce traumatisme&nbsp;: les termes d\u00e9signant le sida signifiaient \u00e9galement \u00ab&nbsp;corps sans vie&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;tombe proche&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>Suite au d\u00e9ploiement des traitements contre le VIH, le nombre de cas au Nig\u00e9ria a chut\u00e9 de mani\u00e8re spectaculaire&nbsp;: en 2010, la pr\u00e9valence \u00e9tait tomb\u00e9e \u00e0 4,1&nbsp;%. Cette baisse s\u2019est poursuivie r\u00e9guli\u00e8rement, l\u2019acc\u00e8s au traitement passant de 360&nbsp;000 personnes en 2010 \u00e0 plus d\u2019un million en 2018. Ces progr\u00e8s d\u00e9pendaient fortement du soutien international, le PEPFAR et d\u2019autres donateurs internationaux ayant fourni plus de 80&nbsp;% des 6,2 milliards de dollars d\u00e9pens\u00e9s pour lutter contre le VIH au Nig\u00e9ria entre 2005 et 2018.<\/p>\n<p>En 2019, environ 1,3&nbsp;% de la population \u00e9tait atteinte du VIH, soit 1,9&nbsp;million de personnes.<\/p>\n<h2>Du choix personnel \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 mondiale<\/h2>\n<p>L\u2019enjeu n\u2019est pas seulement l\u2019augmentation des taux de VIH. Les r\u00e9ductions de l&rsquo;aide \u00e9trang\u00e8re d\u00e9cid\u00e9es par l&rsquo;administration Trump menacent de compromettre plus de deux d\u00e9cennies d&rsquo;investissements am\u00e9ricains dans la s\u00e9curit\u00e9 mondiale et la croissance \u00e9conomique.<\/p>\n<p>Les crises de sant\u00e9 publique restent rarement confin\u00e9es aux fronti\u00e8res nationales. Lorsque les syst\u00e8mes de sant\u00e9 sont d\u00e9faillants en Afrique de l&rsquo;Ouest, les maladies peuvent rapidement se propager \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger et n\u00e9cessiter des interventions d&rsquo;urgence co\u00fbteuses. L&rsquo;\u00e9pid\u00e9mie d&rsquo;Ebola de 2014 l&rsquo;a d\u00e9montr\u00e9&nbsp;: des cas ont atteint l&rsquo;Am\u00e9rique et ont n\u00e9cessit\u00e9 une intervention d&rsquo;urgence de 5,4 milliards de dollars. De m\u00eame, la pand\u00e9mie de grippe H1N1 de 2009, qui a infect\u00e9 environ 60 millions d&rsquo;Am\u00e9ricains, a montr\u00e9 la rapidit\u00e9 avec laquelle les maladies infectieuses se propagent \u00e0 travers le monde lorsque les syst\u00e8mes de surveillance et de confinement sont inad\u00e9quats.<\/p>\n<p>L&rsquo;incoh\u00e9rence de l&rsquo;aide, \u00e0 son tour, sape le leadership mondial des \u00c9tats-Unis et ouvre des perspectives aux puissances concurrentes pour asseoir leur influence. La Chine a activement exploit\u00e9 ces lacunes, \u00e9tablissant des \u00e9changes bilat\u00e9raux avec l&rsquo;Afrique atteignant 295 milliards de dollars en 2024. Alors que les \u00c9tats-Unis ont r\u00e9duit leur engagement en mati\u00e8re de sant\u00e9 mondiale sous les administrations pr\u00e9c\u00e9dentes, la Chine a renforc\u00e9 sa diplomatie sanitaire mondiale, en nouant des partenariats sur des questions allant de la pr\u00e9vention et du contr\u00f4le des maladies infectieuses \u00e0 la r\u00e9ponse aux urgences sanitaires et \u00e0 l&rsquo;innovation en mati\u00e8re de technologies m\u00e9dicales.<\/p>\n<p>Parall\u00e8lement, les restrictions d&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 la PrEP risquent de reproduire les m\u00eames choix impossibles auxquels les femmes ont \u00e9t\u00e9 confront\u00e9es au d\u00e9but de l&rsquo;\u00e9pid\u00e9mie&nbsp;: choisir entre r\u00e9v\u00e9ler leur statut et risquer l&rsquo;abandon&nbsp;; accepter des rapports sexuels non prot\u00e9g\u00e9s et risquer la transmission, ou refuser des rapports sexuels non prot\u00e9g\u00e9s et risquer la violence ou la perte de soutien \u00e9conomique.<\/p>\n<p>Je crois que le r\u00e9sultat est un monde bien moins s\u00fbr, o\u00f9 les souffrances \u00e9vitables persistent, o\u00f9 les progr\u00e8s durement acquis s&rsquo;effritent et o\u00f9 la promesse d&rsquo;une g\u00e9n\u00e9ration sans sida reste non tenue.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9duire l\u2019aide au VIH compromet les int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques et strat\u00e9giques des \u00c9tats-Unis, comme le montre le cas du Nigeria. 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