{"id":2031171,"date":"2026-07-10T10:38:31","date_gmt":"2026-07-10T10:38:31","guid":{"rendered":"https:\/\/afrikmatin.com\/?p=2031171"},"modified":"2026-07-10T10:38:31","modified_gmt":"2026-07-10T10:38:31","slug":"migrations-dans-le-sahel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/afrikmatin.com\/?p=2031171","title":{"rendered":"Migrations dans le Sahel"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-2031219\" src=\"https:\/\/afrikmatin.com\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/aly-ttandian-300x265.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"265\" srcset=\"https:\/\/afrikmatin.com\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/aly-ttandian-300x265.jpg 300w, https:\/\/afrikmatin.com\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/aly-ttandian.jpg 468w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n<p><strong>Aly Tandian<\/strong><br \/>\nProfesseur Titulaire. D\u00e9partement de Sociologie<br \/>\nDirecteur du Laboratoire Genre, Environnement, Religion &amp; Migrations.<br \/>\nUniversit\u00e9 Gaston Berger de Saint-Louis, S\u00e9n\u00e9gal<br \/>\nPr\u00e9sident fondateur de l\u2019Observatoire S\u00e9n\u00e9galais des Migrations<\/p>\n<p>Le Sahel central n&rsquo;a plus la faveur des grands titres de presse, mais il concentre pourtant l&rsquo;une des trajectoires humanitaires les plus pr\u00e9occupantes de la plan\u00e8te. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger, r\u00e9unis depuis 2023 au sein de l&rsquo;Alliance des \u00c9tats du Sahel (AES) apr\u00e8s leur rupture avec la CEDEAO, forment aujourd&rsquo;hui un espace o\u00f9 l&rsquo;effondrement s\u00e9curitaire, la d\u00e9gradation environnementale et l&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire s&rsquo;alimentent mutuellement, produisant des d\u00e9placements de population d&rsquo;une ampleur in\u00e9dite.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Selon les donn\u00e9es les plus r\u00e9centes des Nations unies, cette sous-r\u00e9gion h\u00e9berge pr\u00e8s de 2,8 millions de d\u00e9plac\u00e9s internes, auxquels s&rsquo;ajoutent plus de 440 000 r\u00e9fugi\u00e9s, tandis que 11,4 millions de personnes ont un besoin urgent d&rsquo;assistance alimentaire. Ces chiffres, d\u00e9j\u00e0 consid\u00e9rables, ne rendent compte que d&rsquo;une partie de la r\u00e9alit\u00e9 : ils ignorent une large frange de mobilit\u00e9s transfrontali\u00e8res faiblement document\u00e9es et les strat\u00e9gies de survie de populations qui \u00e9chappent aux syst\u00e8mes de comptage.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><strong>Des causes multiples et enchev\u00eatr\u00e9es<\/strong><\/h2>\n<p>La premi\u00e8re cause de ces mobilit\u00e9s est s\u00e9curitaire. Depuis l&rsquo;implantation des groupes arm\u00e9s dans le nord du Mali \u00e0 partir de 2012, la violence s&rsquo;est propag\u00e9e au centre du pays, puis au Burkina Faso et \u00e0 l&rsquo;ouest du Niger, avant de menacer les pays c\u00f4tiers voisins. Rien que sur le premier trimestre 2026, la r\u00e9gion a enregistr\u00e9 plus de 1 100 incidents s\u00e9curitaires et plus de 2 600 morts li\u00e9es au conflit. Cette ins\u00e9curit\u00e9 n&rsquo;est pas seulement meurtri\u00e8re : elle prive des millions de personnes de l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 leurs terres, \u00e0 leurs march\u00e9s et \u00e0 leurs moyens de subsistance, transformant des d\u00e9placements ponctuels en exils prolong\u00e9s. Le recul de l&rsquo;\u00c9tat dans certaines zones rurales, l&rsquo;expansion des groupes arm\u00e9s ainsi que les tensions entre les juntes militaires au pouvoir et certains mouvements s\u00e9paratistes, entretiennent un climat de d\u00e9fiance qui pousse des familles enti\u00e8res sur les routes.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La seconde cause est environnementale. Le Sahel demeure l&rsquo;une des r\u00e9gions du monde les plus expos\u00e9es au changement climatique, avec des cycles de s\u00e9cheresse plus fr\u00e9quents, une d\u00e9sertification progressive et une pression croissante sur des ressources en eau et en terres d\u00e9j\u00e0 rares. Cette d\u00e9gradation alimente une comp\u00e9tition accrue entre agriculteurs et \u00e9leveurs, complique les mouvements traditionnels de transhumance et fragilise la cohabitation entre populations d\u00e9plac\u00e9es et communaut\u00e9s d&rsquo;accueil, d\u00e9j\u00e0 mises \u00e0 rude \u00e9preuve par la raret\u00e9 des ressources partag\u00e9es.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La troisi\u00e8me cause, largement d\u00e9termin\u00e9e par les deux premi\u00e8res, est alimentaire. Selon le Cadre Harmonis\u00e9, plus de 41,8 millions de personnes \u00e9taient en situation de crise alimentaire aigu\u00eb en Afrique de l&rsquo;Ouest et au Sahel fin 2025, un chiffre que la FAO projette \u00e0 52,8 millions pour la p\u00e9riode de soudure de juin \u00e0 ao\u00fbt 2026. Le Niger a d&rsquo;ailleurs \u00e9t\u00e9 class\u00e9 parmi les pays en alerte \u00e0 la faim pour 2026. Cette ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire, aggrav\u00e9e par la baisse des financements humanitaires et la flamb\u00e9e des prix, n&rsquo;est pas un ph\u00e9nom\u00e8ne isol\u00e9 : elle r\u00e9sulte directement de l&rsquo;interruption des circuits agricoles et pastoraux par les conflits et les chocs climatiques, et devient \u00e0 son tour un facteur d\u00e9clencheur de nouveaux d\u00e9parts.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00c0 ces trois moteurs s&rsquo;ajoutent des causes plus structurelles : une gouvernance fragilis\u00e9e par les coups d&rsquo;\u00c9tat successifs \u00e0 Bamako, Ouagadougou et Niamey, un ch\u00f4mage massif d&rsquo;une jeunesse majoritaire dans la pyramide d\u00e9mographique, et l&rsquo;isolement diplomatique et \u00e9conomique croissant cons\u00e9cutif au retrait des trois pays de la CEDEAO, qui complique la coordination r\u00e9gionale des r\u00e9ponses humanitaires et migratoires.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><strong>Des effets qui d\u00e9passent largement les fronti\u00e8res du Sahel<\/strong><\/h2>\n<p>Le premier effet de cette crise est humain et social. Pr\u00e8s de 7,5 millions d&rsquo;enfants ont aujourd&rsquo;hui besoin d&rsquo;une aide humanitaire urgente dans le Sahel central, et plus de 14 800 \u00e9coles y sont ferm\u00e9es, privant environ trois millions d&rsquo;enfants d&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 l&rsquo;\u00e9ducation. Les jeunes d\u00e9plac\u00e9s, en particulier, sont expos\u00e9s au recrutement forc\u00e9 par les groupes arm\u00e9s, \u00e0 la traite des personnes et \u00e0 un acc\u00e8s tr\u00e8s limit\u00e9 \u00e0 l&#8217;emploi, ce qui accro\u00eet le risque qu&rsquo;ils s&rsquo;engagent dans des parcours migratoires p\u00e9rilleux au-del\u00e0 de la r\u00e9gion. La situation nutritionnelle est tout aussi alarmante, avec plusieurs centaines de milliers d&rsquo;enfants en malnutrition aigu\u00eb s\u00e9v\u00e8re.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le deuxi\u00e8me effet est r\u00e9gional. L&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 du Sahel central d\u00e9borde d\u00e9sormais vers les pays c\u00f4tiers du golfe de Guin\u00e9e \u00e0 savoir B\u00e9nin, C\u00f4te d&rsquo;Ivoire, Ghana, Togo ainsi que vers la Mauritanie, qui absorbent une partie croissante des populations en mouvement tout en devant elles-m\u00eames composer avec la menace s\u00e9curitaire qui progresse vers leurs fronti\u00e8res septentrionales. Cette diffusion transforme une crise autrefois circonscrite au Sahel central en un d\u00e9fi de s\u00e9curit\u00e9 et de coh\u00e9sion sociale pour l&rsquo;ensemble de l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me effet est g\u00e9opolitique. Le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO fragilise les m\u00e9canismes r\u00e9gionaux de libre circulation et de protection des personnes d\u00e9plac\u00e9es, h\u00e9rit\u00e9s notamment des r\u00e9formes de 2014 sur les documents de voyage. La coordination humanitaire et migratoire, qui reposait largement sur les instances communautaires ouest-africaines, doit d\u00e9sormais composer avec un espace AES en rupture institutionnelle, ce qui complique la r\u00e9ponse coordonn\u00e9e aux mobilit\u00e9s transfrontali\u00e8res et pourrait, \u00e0 terme, fragiliser certains acquis en mati\u00e8re de mobilit\u00e9 intrar\u00e9gionale.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><strong>Des destinations diverses, majoritairement internes et r\u00e9gionales<\/strong><\/h2>\n<p>Contrairement \u00e0 une id\u00e9e re\u00e7ue, l&rsquo;essentiel des mobilit\u00e9s provoqu\u00e9es par la crise sah\u00e9lienne demeure interne ou r\u00e9gional. La grande majorit\u00e9 des personnes affect\u00e9es sont des d\u00e9plac\u00e9es internes, qui se r\u00e9installent dans des centres urbains plus s\u00fbrs de leur propre pays Ouagadougou, Bamako, Niamey et les capitales r\u00e9gionales absorbant l&rsquo;essentiel de ces flux. Une part significative se dirige aussi vers les pays voisins imm\u00e9diats, dans une logique de proximit\u00e9 et de solidarit\u00e9 communautaire, notamment transfrontali\u00e8re avec le B\u00e9nin, le Togo, la C\u00f4te d&rsquo;Ivoire, le Ghana et la Mauritanie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Une minorit\u00e9, mais une minorit\u00e9 croissante et de plus en plus visible, emprunte des routes migratoires de long cours. La route la plus ancienne demeure celle du Sahara vers la Libye et la M\u00e9diterran\u00e9e centrale, emprunt\u00e9e notamment par des jeunes maliens et nig\u00e9riens en direction de l&rsquo;Europe, souvent au prix de risques consid\u00e9rables. Une route plus r\u00e9cente s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9e le long de la fa\u00e7ade atlantique, depuis la Mauritanie et le S\u00e9n\u00e9gal vers les \u00eeles Canaries, en partie aliment\u00e9e par le renforcement des contr\u00f4les sur les itin\u00e9raires traditionnels. D&rsquo;autres destinations, plus marginales mais en expansion, incluent les pays du Golfe, la Turquie, le Maghreb et, plus r\u00e9cemment, l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord via les routes d&rsquo;Am\u00e9rique latine. Ces territoires servent le plus souvent de zones de transit avant une tentative d&rsquo;installation dans les destinations finales que restent l&rsquo;Europe, les \u00c9tats-Unis et le Canada.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><strong>Une r\u00e9ponse \u00e0 la hauteur des enjeux reste \u00e0 construire<\/strong><\/h2>\n<p>La crise migratoire dans l&rsquo;espace AES ne peut \u00eatre trait\u00e9e par le seul prisme s\u00e9curitaire, ni par la seule aide d&rsquo;urgence. Elle appelle une approche globale, articulant restauration de la s\u00e9curit\u00e9, adaptation au changement climatique, reconstruction des fili\u00e8res agropastorales et gouvernance politique inclusive, seule capable de restaurer la confiance entre \u00c9tats et populations rurales. Elle appelle \u00e9galement une diplomatie r\u00e9gionale renouvel\u00e9e, capable de d\u00e9passer la fracture institutionnelle entre la CEDEAO et l&rsquo;AES pour pr\u00e9server les m\u00e9canismes de protection des personnes d\u00e9plac\u00e9es et de libre circulation qui ont, pendant deux d\u00e9cennies, constitu\u00e9 l&rsquo;un des acquis les plus tangibles de l&rsquo;int\u00e9gration ouest-africaine.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Faute d&rsquo;une telle r\u00e9ponse coordonn\u00e9e, le Sahel continuera de payer, par ses d\u00e9placements forc\u00e9s et ses d\u00e9tresses alimentaires, le prix d&rsquo;une crise que la communaut\u00e9 r\u00e9gionale et internationale ne peut plus se permettre de rel\u00e9guer au second plan de son agenda.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Une responsabilit\u00e9 que ni la CEDEAO ni l&rsquo;AES ne peuvent \u00e9luder<\/strong><\/p>\n<p>Le Sahel n&rsquo;a pas besoin d&rsquo;un nouveau round de d\u00e9clarations communes ni d&rsquo;une \u00e9ni\u00e8me r\u00e9union de coordination sans lendemain. Il a besoin de dirigeants, \u00e0 Abuja comme \u00e0 Bamako, Ouagadougou et Niamey, qui acceptent enfin de placer le sort des populations d\u00e9plac\u00e9es au-dessus des querelles de souverainet\u00e9 et des postures de rupture.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La fracture entre la CEDEAO et l&rsquo;AES est un luxe politique que ni les 2,8 millions de d\u00e9plac\u00e9s internes, ni les millions d&rsquo;enfants d\u00e9scolaris\u00e9s, ni les familles en ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire n&rsquo;ont les moyens de payer.<\/p>\n<p>Aux dirigeants de la CEDEAO, il revient de r\u00e9sister \u00e0 la tentation de l&rsquo;isolement punitif et de maintenir, envers et contre les tensions diplomatiques, les couloirs humanitaires, la libre circulation des personnes et la protection des d\u00e9plac\u00e9s qui ont fait la valeur ajout\u00e9e de l&rsquo;int\u00e9gration ouest-africaine depuis des d\u00e9cennies.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Aux autorit\u00e9s de l&rsquo;AES, il revient de comprendre que la l\u00e9gitimit\u00e9 d&rsquo;un \u00c9tat se mesure d&rsquo;abord \u00e0 sa capacit\u00e9 \u00e0 prot\u00e9ger ses populations rurales et \u00e0 s\u00e9curiser leurs terres, leurs troupeaux et leurs r\u00e9coltes non \u00e0 la seule fermet\u00e9 de son discours souverainiste. Les deux blocs partagent, qu&rsquo;ils le veuillent ou non, le m\u00eame Sahel, les m\u00eames fleuves, les m\u00eames routes de transhumance et, de plus en plus, les m\u00eames routes de l&rsquo;exil.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Continuer d&rsquo;opposer s\u00e9curit\u00e9 et d\u00e9veloppement, gestion et protection, CEDEAO et AES, c&rsquo;est organiser m\u00e9thodiquement l&rsquo;\u00e9chec collectif face \u00e0 une crise que la r\u00e9gion n&rsquo;a plus le luxe de traiter par appels successifs. L&rsquo;histoire ne retiendra pas les torts respectifs des uns et des autres dans cette rupture institutionnelle ; elle retiendra le nombre d&rsquo;enfants qui auront grandi sans \u00e9cole, de familles qui auront p\u00e9ri en mer ou dans le d\u00e9sert, et de terres qui seront devenues inhabitables faute d&rsquo;action. Il est encore temps d&rsquo;agir avec la responsabilit\u00e9 que ce moment exige.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Aly Tandian Professeur Titulaire. D\u00e9partement de Sociologie Directeur du Laboratoire Genre, Environnement, Religion &amp; Migrations. Universit\u00e9 Gaston Berger de Saint-Louis, S\u00e9n\u00e9gal Pr\u00e9sident fondateur de l\u2019Observatoire S\u00e9n\u00e9galais des Migrations Le Sahel central n&rsquo;a plus la faveur des grands titres de presse, mais il concentre pourtant l&rsquo;une des trajectoires humanitaires les plus pr\u00e9occupantes de la plan\u00e8te. Le &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2,3,7167,7,12],"tags":[123,2332,4112,7151,7170],"class_list":["post-2031171","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-a-la-une","category-actualites","category-contribution","category-international","category-societe","tag-actualites","tag-international","tag-societe","tag-une","tag-une-actualite"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/afrikmatin.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2031171","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/afrikmatin.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/afrikmatin.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/afrikmatin.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/afrikmatin.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2031171"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/afrikmatin.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2031171\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2031220,"href":"https:\/\/afrikmatin.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2031171\/revisions\/2031220"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/afrikmatin.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2031171"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/afrikmatin.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2031171"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/afrikmatin.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2031171"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}