{"id":20321,"date":"2025-05-25T11:22:42","date_gmt":"2025-05-25T11:22:42","guid":{"rendered":"http:\/\/fr.africanews.com\/2025\/05\/25\/gastronomie-les-merveilles-du-maroc-pour-latlas-international-du-patrimoine-alimentaire\/"},"modified":"2025-05-25T11:22:42","modified_gmt":"2025-05-25T11:22:42","slug":"gastronomie-les-merveilles-du-maroc-pour-latlas-international-du-patrimoine-alimentaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/afrikmatin.com\/?p=20321","title":{"rendered":"Gastronomie : les merveilles du Maroc pour l&rsquo;Atlas International du Patrimoine alimentaire"},"content":{"rendered":"<div><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/afrikmatin.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/gastronomie-les-merveilles-du-maroc-pour-latlas-international-du-patrimoine-alimentaire.jpg\" class=\"ff-og-image-inserted\"><\/div>\n<p><strong>Qu\u2019ont en commun la tradition du petit-d\u00e9jeuner malaisien, le rago\u00fbt estonien <em>Mulgi puder<\/em>, les haricots ferment\u00e9s cor\u00e9ens et le fromage <em>Minas<\/em> du Br\u00e9sil ?<\/strong> Ils rejoignent tous l\u2019<strong>Atlas international du patrimoine culinaire<\/strong>, une plateforme num\u00e9rique mondiale mise en place par l\u2019organisme culturel des Nations Unies pour pr\u00e9server les traditions culinaires ancestrales.<\/p>\n<p>D\u00e9sormais, c\u2019est au tour du <strong>Maroc<\/strong>, qui poss\u00e8de une gastronomie d\u2019une diversit\u00e9 extraordinaire, mondialement pris\u00e9e.<\/p>\n<p>Dans la cuisine d\u2019un restaurant traditionnel \u00e0 Rabat, un chef d\u00e9core une p\u00e2te sucr\u00e9e de potiron, pr\u00e9par\u00e9e avec du miel, de la cannelle, du beurre et de l\u2019eau de fleur d\u2019oranger, avec des \u00e9clats d\u2019amandes soigneusement grill\u00e9s. Dans un bol \u00e0 c\u00f4t\u00e9, une simple salade marocaine est pr\u00e9par\u00e9e, compos\u00e9e de tomates, de concombres, d\u2019oignons et de persil, coup\u00e9s en petits d\u00e9s et garnis d\u2019olives noires confites au sel. C\u2019est l\u2019une des salades les plus consomm\u00e9es au Maroc.<\/p>\n<p>Les pr\u00e9paratifs se poursuivent au restaurant traditionnel <strong>Zyriab<\/strong>, o\u00f9 le chef apporte les derni\u00e8res touches aux entr\u00e9es chaudes et froides, dans une atmosph\u00e8re impr\u00e9gn\u00e9e des ar\u00f4mes d\u2019\u00e9pices et de saveurs marocaines.<\/p>\n<p>Chaque ville du Maroc est r\u00e9put\u00e9e pour sa sp\u00e9cialit\u00e9, reflet de la richesse de la cuisine locale et de son lien avec l\u2019identit\u00e9 culturelle et sociale du pays. \u00ab Chaque ville est connue pour son plat : par exemple, la pastilla de F\u00e8s, la tanjia de Marrakech cuite dans une jarre en argile, ou encore le tajine de b\u0153uf aux pruneaux et abricots caram\u00e9lis\u00e9s \u00e0 Rabat. La cuisine marocaine se distingue aussi par son \u00e9quilibre nutritionnel \u00bb, explique <strong>Amine El Boujadi<\/strong>, sp\u00e9cialiste et chercheur en gastronomie marocaine.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019une des tables, les serveurs apportent une s\u00e9lection d\u2019entr\u00e9es \u00e0 un client assis \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019Amine El Boujadi. Les plats arrivent un \u00e0 un, refl\u00e9tant une vari\u00e9t\u00e9 de saveurs et de textures. Le client go\u00fbte une entr\u00e9e, savourant l\u2019\u00e9quilibre des ingr\u00e9dients et des \u00e9pices.<\/p>\n<p>Des chefs pr\u00e9parent ensuite un <strong>tajine de poulet aux olives et citron confit<\/strong>, servi dans un plat en argent. Le plat est d\u00e9pos\u00e9 devant le client : un poulet tendre baigne dans une sauce riche et parfum\u00e9e.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 des ingr\u00e9dients, le secret de la cuisine marocaine r\u00e9side dans la ma\u00eetrise des \u00e9pices et le savoir-faire du cuisinier \u00e0 chaque \u00e9tape de la pr\u00e9paration. \u00ab La cuisine marocaine repose \u00e9norm\u00e9ment sur les comp\u00e9tences du cuisinier, car elle n\u00e9cessite des techniques pr\u00e9cises qui conf\u00e8rent \u00e0 chaque plat son go\u00fbt unique \u00bb, ajoute El Boujadi.<\/p>\n<p>\u00c0 <strong>50 kilom\u00e8tres de la capitale<\/strong>, sous une tente simple du village de <strong>Brachoua<\/strong>, un groupe de visiteurs se retrouve autour d\u2019une table de petit-d\u00e9jeuner traditionnel. Un homme verse le th\u00e9 \u00e0 la menthe, les convives savourent son go\u00fbt doux et rafra\u00eechissant. La table est garnie de pains traditionnels vari\u00e9s, de cr\u00eapes marocaines comme le <em>meloui<\/em>, la <em>harcha<\/em> et le <em>batbout<\/em>, accompagn\u00e9es de miel, de dattes, de beurre naturel, d\u2019\u0153ufs bio et d\u2019olives noires.<\/p>\n<p>Parmi les \u00e9l\u00e9ments qui distinguent la table du petit-d\u00e9jeuner marocain, on trouve sa reliance aux produits du terroir, pr\u00e9par\u00e9s selon des m\u00e9thodes traditionnelles, sans additifs ni conservateurs.<\/p>\n<p><strong>Aicha Sellahi<\/strong>, pr\u00e9sidente de l\u2019association <strong>Ahl Al-Sahra pour le d\u00e9veloppement<\/strong> dans le village de Brachoua et partenaire de la coop\u00e9rative alimentaire <strong>Golden Sands<\/strong>, explique : \u00ab Le petit-d\u00e9jeuner marocain est compos\u00e9 d\u2019ingr\u00e9dients naturels et traditionnels tels que le th\u00e9, les cr\u00eapes marocaines, le beurre naturel, le miel pur et le pain cuit dans un four traditionnel. \u00bb<\/p>\n<p><strong>Naima El Meziane<\/strong>, pr\u00e9sidente de la coop\u00e9rative <strong>Golden Sands<\/strong>, retire le pain du four traditionnel. Les miches ont bien lev\u00e9, affichant des cro\u00fbtes dor\u00e9es et croustillantes. Ce pain se caract\u00e9rise par sa l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 et sa haute valeur nutritive, gr\u00e2ce \u00e0 des recettes ancestrales transmises de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration. \u00ab Lorsqu\u2019on p\u00e9trit le pain, on ajoute du levain naturel et on utilise de la farine de bl\u00e9 et d\u2019orge riches en fibres. C\u2019est ce qui distingue le pain traditionnel de celui vendu en boulangerie : il est bien plus sain gr\u00e2ce aux fibres et au levain naturel \u00bb, pr\u00e9cise El Meziane.<\/p>\n<p>Dans la m\u00eame coop\u00e9rative, la cuisini\u00e8re <strong>Laila El Harmaoui<\/strong> commence \u00e0 pr\u00e9parer un plat appel\u00e9 <strong>rfissa<\/strong>. Elle met des poulets bio dans une cocotte-minute avec des oignons \u00e9minc\u00e9s, puis ajoute des lentilles et des graines de fenugrec. Des gousses d\u2019ail enti\u00e8res et du smen (beurre rance maison) sont incorpor\u00e9s, pendant qu\u2019une autre femme d\u00e9coupe \u00e0 la main les cr\u00eapes <em>meloui<\/em>, \u00e9l\u00e9ment essentiel qui accompagne ce plat. Comme le tajine, la <em>rfissa<\/em> est cuisin\u00e9e sur charbon de bois et conserve ainsi ses bienfaits nutritionnels gr\u00e2ce aux ingr\u00e9dients naturels et \u00e0 la cuisson lente.<\/p>\n<p>Le <strong>couscous<\/strong> est pr\u00e9par\u00e9 dans une grande marmite, o\u00f9 le poulet mijote avec des oignons, des tomates, des \u00e9pices et de l\u2019huile d\u2019olive. On y ajoute ensuite des l\u00e9gumes comme les carottes, le potiron et les courgettes.<\/p>\n<p>Le <strong>tajine<\/strong> est l\u2019un des plats les plus populaires du Maroc et peut \u00eatre d\u00e9clin\u00e9 de multiples fa\u00e7ons selon les go\u00fbts et les r\u00e9gions. \u00ab Le plat le plus c\u00e9l\u00e8bre reste le tajine, car il est cuit dans un plat en terre cuite. Il est aussi sain. Il peut \u00eatre pr\u00e9par\u00e9 aux pruneaux, aux oignons et raisins secs, ou encore aux olives. On peut aussi le faire enti\u00e8rement aux l\u00e9gumes, et il reste sain gr\u00e2ce \u00e0 sa cuisson au charbon de bois \u00bb, explique El Harmaoui.<\/p>\n<p>Une vieille femme pr\u00e9pare un <strong>tajine de b\u0153uf aux pruneaux<\/strong>, ajoutant \u00e9pices, ail et oignons avant de le laisser cuire \u00e0 feu doux. Le plat donne une sauce onctueuse, douce et l\u00e9g\u00e8rement sucr\u00e9e, souvent servie lors des grandes occasions.<\/p>\n<p>Le <strong>21 avril 2025<\/strong>, le Maroc a lanc\u00e9 le processus de concertation nationale pour un projet de l\u2019UNESCO visant \u00e0 publier pour la premi\u00e8re fois un <strong>Atlas international du patrimoine culinaire<\/strong>, ainsi qu\u2019une plateforme num\u00e9rique destin\u00e9e \u00e0 pr\u00e9server, promouvoir et valoriser ces patrimoines alimentaires pour les g\u00e9n\u00e9rations futures. Le Maroc fait partie des pays retenus pour la phase pilote du projet.<\/p>\n<p>La publication de la premi\u00e8re version de l\u2019Atlas est pr\u00e9vue pour fin <strong>2027<\/strong>.<\/p>\n<p>Selon l\u2019UNESCO, la cuisine traditionnelle ne se limite pas \u00e0 ce que l\u2019on mange. L\u2019organisation des Nations Unies affirme qu\u2019elle contribue au d\u00e9veloppement de la vie \u00e9conomique et culturelle d\u2019un pays comme le Maroc. Elle englobe l\u2019agriculture, la p\u00eache, les techniques et savoir-faire culinaires, ainsi que des mod\u00e8les de production alimentaire durable, comme la diversit\u00e9 des semences et la pr\u00e9servation des \u00e9cosyst\u00e8mes.<\/p>\n<p><strong>Amine El Boujadi<\/strong> r\u00e9agit : \u00ab La nouvelle du partenariat entre le Maroc et l\u2019UNESCO pour le projet de l\u2019Atlas international nous a beaucoup r\u00e9jouis, car pr\u00e9server la cuisine marocaine, ses techniques, ses savoir-faire et ses plats est une d\u00e9marche tr\u00e8s positive. \u00bb<\/p>\n<p>Les visiteurs se rassemblent sous la tente pour un d\u00e9jeuner festif compos\u00e9 de <strong>tajine de b\u0153uf aux pruneaux<\/strong>, de <em>rfissa<\/em> et de <strong>couscous<\/strong>. Le pain est d\u00e9coup\u00e9 et les mains se tendent pour partager les plats dans la plus pure tradition.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 l\u2019int\u00e9r\u00eat croissant des Marocains pour les cuisines d\u2019autres cultures, les plats locaux conservent leur place, assure la cliente <strong>Naima Metrab<\/strong> : \u00ab La particularit\u00e9 de la cuisine marocaine reste intacte. On remarque que les \u00e9trangers, notamment les touristes, sont fascin\u00e9s par les plats marocains comme le tajine, le couscous ou la rfissa. \u00bb<\/p>\n<p>Le Maroc est aussi r\u00e9put\u00e9 pour sa <strong>street food<\/strong>. Sur la place <strong>Jemaa El-Fna<\/strong>, au c\u0153ur de la m\u00e9dina de Marrakech, visiteurs et locaux se retrouvent autour des stands pour go\u00fbter des sp\u00e9cialit\u00e9s populaires comme les escargots, les t\u00eates de mouton ou encore le poisson frit, reflet d\u2019une autre facette de l\u2019extraordinaire patrimoine culinaire marocain.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Qu\u2019ont en commun la tradition du petit-d\u00e9jeuner malaisien, le rago\u00fbt estonien Mulgi puder, les haricots ferment\u00e9s cor\u00e9ens et le fromage Minas du Br\u00e9sil ? Ils rejoignent tous l\u2019Atlas international du patrimoine culinaire, une plateforme num\u00e9rique mondiale mise en place par l\u2019organisme culturel des Nations Unies pour pr\u00e9server les traditions culinaires ancestrales. 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