{"id":2204185,"date":"2026-08-05T09:48:33","date_gmt":"2026-08-05T09:48:33","guid":{"rendered":"https:\/\/afrikmatin.com\/?p=2204185"},"modified":"2026-08-05T09:48:33","modified_gmt":"2026-08-05T09:48:33","slug":"professeur-pape-birame-gueye","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/afrikmatin.com\/?p=2204185","title":{"rendered":"professeur Pape Birame Gueye"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone\" src=\"https:\/\/copilot.microsoft.com\/th\/id\/BCO.49c1a22f-b5dc-4f80-8840-2a4c1248274c.png?w=384\" alt=\"image compress\u00e9e\" width=\"384\" height=\"576\" \/><\/p>\n<p><strong><em>Pape Birame Gueye, membre de l&rsquo;Amicale des Anciens de l&rsquo;\u00e9cole primaire de Pikine 2, est fondateur et pr\u00e9sident d&rsquo;Adval Plus France, cabinet de conseil en strat\u00e9gie, innovation et transformation digitale. Ing\u00e9nieur en architecture des syst\u00e8mes d\u2019information, titulaire d&rsquo;un MBA de l&rsquo;Universit\u00e9 Concordia (Canada), il a men\u00e9 une carri\u00e8re de plus de trente ans \u00e0 la crois\u00e9e des syst\u00e8mes d&rsquo;information et des cha\u00eenes de valeur, de l\u2019entrepreneuriat, du leadership et de la conduite du changement, avec des responsabilit\u00e9s de directions g\u00e9n\u00e9rales au sein d&rsquo;\u00e9diteurs am\u00e9ricains en France, en Allemagne, en Europe du Sud et en Am\u00e9rique du Nord. Professeur associ\u00e9, il enseigne depuis 2012 en universit\u00e9s, business schools et \u00e9coles d&rsquo;ing\u00e9nieurs, et conduit des travaux de recherche sur plusieurs th\u00e9matiques dont l&rsquo;inclusion financi\u00e8re num\u00e9rique. Il intervient, comme conseiller technique IA et Digital, sur des programmes de modernisation d&rsquo;infrastructures financi\u00e8res et de souverainet\u00e9 num\u00e9rique en Afrique et dans le monde, et d\u00e9fend une approche responsable de l&rsquo;intelligence artificielle.<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Propos recueillis par Pape Amadou Fall<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>L&rsquo;intelligence artificielle est d\u00e9sormais un outil incontournable. Comment l&rsquo;Afrique doit-elle s&rsquo;adapter pour en tirer le maximum de profit ?<\/strong><\/p>\n<p>Je commencerais par corriger une image, celle du train en marche. Elle nous condamne \u00e0 courir derri\u00e8re une locomotive conduite par d&rsquo;autres. Or nous ne sommes pas en retard sur une course : nous sommes au d\u00e9but d&rsquo;un cycle dont les r\u00e8gles ne sont pas encore toutes \u00e9crites. Mesurons d&rsquo;abord la vitesse \u00e0 laquelle nous vivons. Deux dates suffisent. Le 29 juin 2007, la sortie du premier iPhone redessine en silence notre rapport au temps, \u00e0 l&rsquo;information, aux autres. En novembre 2022, ChatGPT entre dans nos vies et d\u00e9mocratise l&rsquo;intelligence artificielle g\u00e9n\u00e9rative en quelques semaines. Entre ces deux s\u00e9ismes : \u00e0 peine quinze ans. C&rsquo;est cela, un monde VICA \u2014 volatile, incertain, complexe, ambigu. Aucune strat\u00e9gie con\u00e7ue pour un monde stable n&rsquo;y survit.<\/p>\n<p>Et je pose le principe qui guide tout mon travail depuis trente ans, dans l&rsquo;industrie du logiciel comme dans le conseil : la technologie n&rsquo;est jamais la finalit\u00e9, elle est un levier. Elle n&rsquo;a de valeur que lorsqu&rsquo;elle am\u00e9liore la performance, clarifie la d\u00e9cision et r\u00e9concilie une organisation avec son futur. Ce qui valait pour l&rsquo;ERP (Enterprise Resource Planning) ou PGI (Progiciel de Gestion Int\u00e9gr\u00e9) en 1990 vaut pour l&rsquo;intelligence artificielle en 2026.<\/p>\n<p>Trois d\u00e9placements me paraissent n\u00e9cessaires.<\/p>\n<p>Le premier est de passer du statut d&rsquo;utilisateur \u00e0 celui de producteur, et de consommateur \u00e0 consomm\u2019acteur. Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;Afrique consomme massivement des mod\u00e8les entra\u00een\u00e9s ailleurs, sur des donn\u00e9es qui ne sont pas les siennes, dans des langues qui ne sont pas toujours les siennes. Le profit ne viendra pas de l&rsquo;usage \u2014 il viendra de ce que nous produisons : nos donn\u00e9es, nos cas d&rsquo;usage, nos comp\u00e9tences.<\/p>\n<p>Le deuxi\u00e8me est de gouverner avant de d\u00e9ployer. C&rsquo;est ma conviction la plus constante. Une administration qui ach\u00e8te un outil d&rsquo;intelligence artificielle avant d&rsquo;avoir d\u00e9fini qui d\u00e9cide, sur quelle donn\u00e9e, avec quelle tra\u00e7abilit\u00e9 et quel recours pour le citoyen, n&rsquo;ach\u00e8te pas de la modernit\u00e9 : elle ach\u00e8te une d\u00e9pendance. Le cadre de d\u00e9cision pr\u00e9c\u00e8de l&rsquo;outil, toujours.<\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me est de sortir de la culture du pilote. Le continent ne manque pas d&rsquo;exp\u00e9rimentations r\u00e9ussies, ni de strat\u00e9gies nationales bien r\u00e9dig\u00e9es. Il manque de passages \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle. Un pilote qui ne se g\u00e9n\u00e9ralise pas n&rsquo;est pas une r\u00e9ussite : c&rsquo;est une d\u00e9monstration co\u00fbteuse.<\/p>\n<p><strong>Il y a une \u00e9quation d&rsquo;\u00e9quit\u00e9, car l&rsquo;acc\u00e8s est un d\u00e9fi. Sur quels segments les d\u00e9cideurs locaux doivent-ils mettre l&rsquo;accent ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>mutualiser \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle r\u00e9gionale<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;acc\u00e8s n&rsquo;est pas une seule question, c&rsquo;est un empilement de trois couches, et l&rsquo;on ne traite pas la troisi\u00e8me sans avoir trait\u00e9 la premi\u00e8re. La couche physique d&rsquo;abord : l&rsquo;\u00e9nergie et la connectivit\u00e9. On ne b\u00e2tit pas une \u00e9conomie de la donn\u00e9e sur un r\u00e9seau \u00e9lectrique intermittent. C&rsquo;est peu spectaculaire, cela ne fait pas de belles annonces, mais c&rsquo;est la condition de tout le reste. La couche humaine ensuite \u2014 et c&rsquo;est pour moi la plus d\u00e9cisive. Je ne parle pas seulement des ing\u00e9nieurs. Je parle des enseignants, des agents publics, des soignants, des juristes, de tous ceux qui devront travailler avec ces syst\u00e8mes sans les avoir construits. Un pays qui forme mille d\u00e9veloppeurs et laisse cent mille enseignants sans rep\u00e8res n&rsquo;a pas r\u00e9solu son \u00e9quation d&rsquo;\u00e9quit\u00e9 : il l&rsquo;a d\u00e9plac\u00e9e. La v\u00e9ritable fracture qui vient ne s\u00e9parera pas ceux qui ont acc\u00e8s aux outils de ceux qui n&rsquo;y ont pas acc\u00e8s \u2014 elle s\u00e9parera ceux qui gardent la ma\u00eetrise de leur jugement de ceux qui la d\u00e9l\u00e8guent \u00e0 la machine. La couche de la donn\u00e9e enfin. Nos \u00e9tats civils, nos registres fonciers, nos donn\u00e9es de sant\u00e9, nos donn\u00e9es financi\u00e8res. Sans elles, il n&rsquo;y a pas de mod\u00e8le africain possible, seulement des mod\u00e8les \u00e9trangers appliqu\u00e9s \u00e0 l&rsquo;Afrique. Sur quels segments concentrer l&rsquo;effort ? Sur ceux o\u00f9 la donn\u00e9e existe d\u00e9j\u00e0 et o\u00f9 l&rsquo;impact se mesure : l&rsquo;\u00e9ducation, la sant\u00e9, l&rsquo;agriculture et, j&rsquo;insiste, l&rsquo;inclusion financi\u00e8re num\u00e9rique \u2014 c&rsquo;est le terrain de mes propres travaux de recherche, entre autres. Le mobile money a fait entrer des dizaines de millions d&rsquo;Africains dans l&rsquo;\u00e9conomie formelle ; l&rsquo;intelligence artificielle peut aller plus loin, en \u00e9valuant le risque de cr\u00e9dit d&rsquo;un commer\u00e7ant qui n&rsquo;a ni bulletin de salaire ni historique bancaire. Mais elle peut aussi, mal gouvern\u00e9e, exclure \u00e0 grande \u00e9chelle et sans visage : un algorithme qui refuse un pr\u00eat sans motif explicable, c&rsquo;est une injustice industrialis\u00e9e. C&rsquo;est exactement l\u00e0 que l&rsquo;exigence \u00e9thique cesse d&rsquo;\u00eatre un suppl\u00e9ment d&rsquo;\u00e2me pour devenir une comp\u00e9tence de dirigeant.<\/p>\n<p>Le pire choix serait de saupoudrer. Et une recommandation forte : mutualiser \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle r\u00e9gionale. Aucun pays ne financera seul ses infrastructures de calcul ; \u00e0 huit, \u00e0 quinze, c&rsquo;est une autre affaire.<\/p>\n<p><strong>Les priorit\u00e9s diff\u00e8rent d&rsquo;un pays \u00e0 l&rsquo;autre, les urgences ne sont pas les m\u00eames. Que recommanderiez vous ?<\/strong><\/p>\n<p>Je me m\u00e9fie des plans universels. Ce que je recommande, ce n&rsquo;est pas une feuille de route unique, c&rsquo;est une grille de diagnostic que chaque pays applique honn\u00eatement \u00e0 lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>Trois questions suffisent pour commencer. Quelles donn\u00e9es poss\u00e9dons nous r\u00e9ellement, et dans quel \u00e9tat ? De quelles comp\u00e9tences disposons nous, et o\u00f9 sont-elles ? Quel cadre juridique prot\u00e8ge nos citoyens et s\u00e9curise nos investisseurs ?<\/p>\n<p>Les r\u00e9ponses dessinent naturellement des trajectoires diff\u00e9rentes. Un pays dont la connectivit\u00e9 est solide et l&rsquo;administration d\u00e9j\u00e0 num\u00e9ris\u00e9e peut viser des cas d&rsquo;usage avanc\u00e9s. Un pays qui doit encore fiabiliser son \u00e9tat civil a une urgence diff\u00e9rente, et parfaitement l\u00e9gitime. D\u00e9ployer de l&rsquo;intelligence artificielle sur des registres incomplets, c&rsquo;est industrialiser l&rsquo;erreur.<\/p>\n<p>J&rsquo;ajoute un principe que je r\u00e9p\u00e8te \u00e0 mes clients comme \u00e0 mes \u00e9tudiants : transformer sans casser, moderniser sans perdre l&rsquo;essentiel. Les syst\u00e8mes qui tiennent nos \u00e9conomies \u2014 les registres, les paiements, les circuits administratifs \u2014 ne se refondent pas par effet d&rsquo;annonce. On ne triche pas avec la gouvernance, la m\u00e9thode et la culture.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">l<strong>a capacit\u00e9 de ma\u00eetrise d&rsquo;ouvrage<\/strong><\/p>\n<p>Car je note une constante : partout, le maillon faible est le m\u00eame. Ce n&rsquo;est ni la technologie ni le financement. C&rsquo;est la capacit\u00e9 de ma\u00eetrise d&rsquo;ouvrage \u2014 cette comp\u00e9tence qui permet \u00e0 un \u00c9tat de dire pr\u00e9cis\u00e9ment ce qu&rsquo;il veut, de le contractualiser, de le contr\u00f4ler et de le recevoir conforme. C&rsquo;est un travail aust\u00e8re, tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9 des effets d&rsquo;annonce. C&rsquo;est pourtant l\u00e0 que se joue la souverainet\u00e9 num\u00e9rique r\u00e9elle : elle n&rsquo;est pas un suppl\u00e9ment au projet, elle en est la condition.<\/p>\n<p><strong>Vous \u00e9tiez \u00e0 Denver Colorado pour un grand rendez-vous acad\u00e9mique international. La voix de l&rsquo;Afrique y a-t-elle \u00e9t\u00e9 entendue ?<\/strong><\/p>\n<p>. J&rsquo;ai particip\u00e9, comme tous les \u00e9t\u00e9s, \u00e0 l&rsquo;\u00e9dition 2026 de l&rsquo;AMA Summer Academic Conference, la grande rencontre annuelle de l&rsquo;American Marketing Association, dont le th\u00e8me \u00e9tait \u00ab Increasing YOUR Impact \u2014 Amplifying Scholarship, Teaching, and Organizational Leadership \u00bb. Je suis intervenu, en qualit\u00e9 de professeur associ\u00e9 en marketing management, \u00e0 l&rsquo;atelier \u00ab Creating Meaningful Societal Impact \u00bb. C&rsquo;\u00e9tait une r\u00e9union de chercheurs et de professionnels qui s&rsquo;interrogent sur l&rsquo;utilit\u00e9 sociale de leurs travaux. Et la question de la voix africaine s&rsquo;y pose de fa\u00e7on peut-\u00eatre plus r\u00e9v\u00e9latrice encore.<\/p>\n<p>Car voici ce que j&rsquo;ai vu : des centaines de communications sur la vuln\u00e9rabilit\u00e9 financi\u00e8re, l&rsquo;acc\u00e8s aux services essentiels, les familles en situation de rupture. Ce sont, mot pour mot, des sujets africains. Ils sont \u00e9tudi\u00e9s \u2014 mais rarement depuis l&rsquo;Afrique, rarement avec nos donn\u00e9es, rarement par nos chercheurs et nos professionnels. Le continent repr\u00e9sente un peu plus de 3 % de la production scientifique mondiale index\u00e9e pour pr\u00e8s d&rsquo;un cinqui\u00e8me de l&rsquo;humanit\u00e9. Voil\u00e0 la vraie mesure du probl\u00e8me : l&rsquo;Afrique est tr\u00e8s pr\u00e9sente comme objet d&rsquo;\u00e9tude, beaucoup moins comme sujet produisant le savoir. Et celui qui produit le savoir finit toujours par \u00e9crire les normes.<\/p>\n<p>C&rsquo;est ce que j&rsquo;appelle un r\u00e9\u00e9quilibrage d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9. Le monde se recompose, les centres de gravit\u00e9 se d\u00e9placent, mais tous les acteurs n&rsquo;arrivent pas \u00e0 la table avec les m\u00eames moyens.<\/p>\n<p>Cela dit, je refuse la posture de la plainte, et je ne suis pas seul \u00e0 le dire : plusieurs praticiens africains reviennent des grands rendez-vous internationaux avec le m\u00eame constat et la m\u00eame exigence. J&rsquo;ai retenu de cet atelier une cha\u00eene en quatre maillons : collaboration, co-cr\u00e9ation, engagement relationnel, impact. On ne produit pas d&rsquo;impact soci\u00e9tal depuis un bureau \u2014 il se construit avec les acteurs de terrain, dans la dur\u00e9e. La voix de l&rsquo;Afrique est entendue lorsqu&rsquo;elle arrive avec des travaux, des donn\u00e9es, des projets financ\u00e9s et des interlocuteurs mandat\u00e9s. Elle est ignor\u00e9e lorsqu&rsquo;elle arrive avec des revendications seules. C&rsquo;est exigeant, mais c&rsquo;est \u00e0 notre port\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>On parle beaucoup d&rsquo;accompagner les start-up africaines. Quelles perspectives dans l&rsquo;\u00e9ducation et la sant\u00e9 notamment ?<\/strong><strong>le S\u00e9n\u00e9gal de 2050, se construit maintenant<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>le S\u00e9n\u00e9gal de 2050, se construit maintenant<\/strong><\/p>\n<p>Ce sont deux terrains o\u00f9 le continent peut produire des solutions originales, et pas seulement adapter celles des autres.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;\u00e9ducation, je d\u00e9fends un triptyque : \u00e9valuer, outiller, former. \u00c9valuer autrement d&rsquo;abord \u2014 si l&rsquo;examen consiste \u00e0 restituer un savoir, la machine le fait mieux que l&rsquo;\u00e9tudiant, et notre syst\u00e8me s&rsquo;effondre. Il faut \u00e9valuer le processus et la soutenance orale. Outiller ensuite, en posant un principe clair : l&rsquo;intelligence artificielle doit \u00eatre un contradicteur, pas un \u00e9crivain fant\u00f4me, autrefois appel\u00e9 famili\u00e8rement\u00a0n\u00e8gre litt\u00e9raire. Elle doit obliger l&rsquo;apprenant \u00e0 d\u00e9fendre sa pens\u00e9e, pas la produire \u00e0 sa place. Former enfin \u2014 et former les enseignants avant les \u00e9tudiants. C&rsquo;est l&rsquo;ordre qui compte.<\/p>\n<p>Ce que je vise \u00e0 travers cela, je l&rsquo;appelle l&rsquo;agency, l&rsquo;agentivit\u00e9 : la capacit\u00e9 d&rsquo;un individu \u00e0 comprendre son environnement, \u00e0 exercer son jugement, \u00e0 d\u00e9cider et \u00e0 agir avec intention plut\u00f4t que de subir. Je la travaille autour de quatre postures : tracer la voie, ma\u00eetriser l&rsquo;innovation, pratiquer une hospitalit\u00e9 durable, apprendre et tendre la main. Former des utilisateurs d&rsquo;outils ne suffira pas. Il faut former des citoyens capables de questionner une r\u00e9ponse produite par une machine, et de maintenir l&rsquo;humain dans la boucle.<\/p>\n<p>Pour les start-up, le gisement est immense : outils en langues nationales, accompagnement p\u00e9dagogique des enseignants, certification des comp\u00e9tences. Dans la sant\u00e9, les usages les plus utiles sont souvent les moins spectaculaires : l&rsquo;aide au triage, la lecture d&rsquo;imagerie en appui du praticien, la tra\u00e7abilit\u00e9 du m\u00e9dicament, la t\u00e9l\u00e9-expertise entre le centre de sant\u00e9 rural et l&rsquo;h\u00f4pital de r\u00e9f\u00e9rence.<\/p>\n<p>Mais soyons lucides sur ce qui bloque. Ce qui manque \u00e0 nos start-up, ce n&rsquo;est ni le talent ni l&rsquo;id\u00e9e \u2014 c&rsquo;est l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 la commande publique et le capital patient. On multiplie les incubateurs et les concours de pitch ; on ouvre rarement les march\u00e9s publics \u00e0 ces jeunes entreprises. Une start-up ne grandit pas avec un prix : elle grandit avec un client.<\/p>\n<p>Un mot pour finir, qui est le plus important \u00e0 mes yeux. L&rsquo;Afrique de demain, le S\u00e9n\u00e9gal de 2050, se construit maintenant. Et il se construit avec sa diaspora \u2014 avec ceux qui, comme moi, ont appris ailleurs et n&rsquo;ont jamais cess\u00e9 d&rsquo;appartenir ici, de l&rsquo;\u00e9cole primaire de Pikine 2 o\u00f9 tout \u00e0 commenc\u00e9. \u00c0 la jeunesse qui vous lit, je dirai simplement : ne vous contentez pas d&rsquo;utiliser ces outils. La vraie modernit\u00e9 ne consiste pas \u00e0 adopter la technologie la plus r\u00e9cente, mais \u00e0 b\u00e2tir des organisations \u2014 et des vies \u2014 capables d&rsquo;apprendre, de s&rsquo;adapter et de durer. Ne confondez jamais vitesse et pr\u00e9cipitation.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pape Birame Gueye, membre de l&rsquo;Amicale des Anciens de l&rsquo;\u00e9cole primaire de Pikine 2, est fondateur et pr\u00e9sident d&rsquo;Adval Plus France, cabinet de conseil en strat\u00e9gie, innovation et transformation digitale. Ing\u00e9nieur en architecture des syst\u00e8mes d\u2019information, titulaire d&rsquo;un MBA de l&rsquo;Universit\u00e9 Concordia (Canada), il a men\u00e9 une carri\u00e8re de plus de trente ans \u00e0 la &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2,3,12],"tags":[123,7154,7175,7151],"class_list":["post-2204185","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-a-la-une","category-actualites","category-societe","tag-actualites","tag-actualites-societe","tag-socieet","tag-une"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/afrikmatin.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2204185","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/afrikmatin.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/afrikmatin.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/afrikmatin.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/afrikmatin.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2204185"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/afrikmatin.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2204185\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2210958,"href":"https:\/\/afrikmatin.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2204185\/revisions\/2210958"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/afrikmatin.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2204185"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/afrikmatin.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2204185"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/afrikmatin.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2204185"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}