Campagne de sensibilisation sur les Maladies de reins
Quatre régions ciblées
Entretien avec Säer Seck secrétaire général de l’Association Sénégalaise des Hémodialysés et Insuffisants Rénaux (ASHIR) et vice-président de l’Alliance Nationale de lutte contre les maladies non transmissibles.
Afrikmatin : Beaucoup de Sénégalais craignent la maladie des reins pourquoi?
Saër Seck : En général, vous entendez parler de la maladie, les gens l’appellent la dialyse, C’est un des modes de traitement, mais sinon, la maladie, c’est l’insuffisance rénale. Il est à signaler qu’il y a deux sortes d’insuffisances rénales. L’insuffisance rénale aiguë et l’insuffisance rénale chronique.
Le mot chronique sonne mal à l’oreille. L’insuffisance rénale peut être présentée sous forme de stat, une fois arrivé au cinquième niveau les médecins sont obligés de faire de la dialyse, c’est un traitement à vie. À défaut de faire la dialyse, il y a la transplantation rénale qui est aussi un mode de traitement de l’insuffisance rénale.
Nous, en tant qu’association, nous avons eu, à l’époque, à faire un plaidoyer. Ce plaidoyer s’articulait autour de deux points : L’accessibilité géographique et l’accessibilité financière. Pour l’accessibilité géographique, c’est gagné, parce que maintenant, dans chaque région, il y a au moins un centre de dialyse.
Est-ce que c’est suffisant
Je ne dirais pas que c’est suffisant. Mais, si ces centres étaient exploités au maximum, je pense que cela pourrait régler pas mal de choses. Malheureusement, il n’y a pas l’optimisation de ces centres à cause du manque de personnel. il y a aussi le problème de la formation, et sans personnel, je pense qu’on ne peut pas optimiser ces centres. Nous avons eu à évaluer la somme totale dont un patient hémodialysé aurait besoin pour une année. Après évaluation, le coût d’un dialysé est estimé à 12 millions CFA par an. Heureusement que les autorités ont eu une oreille attentive envers nous. Ainsi, le pari des centres est gagné donc l’accessibilité géographique, il reste l’accessibilité financière. Le patient qui doit être dialysé est obligé d’aller dans le privé de payer 65 000 FCFA, pour ceux qui sont dans le public, ils ont besoin de faire des analyses, de l’imagerie médicale et ce coût, est à la charge du patient parce que c’est le fait de se faire dialyser seulement qui est gratuit.
Vous organisez des campagnes de collecte de fonds. Où en êtes-vous aujourd’hui ?
Nous essayons de faire des actions. Mais ce que nous attendons des mécènes, en général, on ne le reçoit pas. On est vraiment sollicités, nous avons toujours des urgences. Les gens ne s’intéressent à la maladie que quand on les sollicite directement.
Quelles sont les causes de la maladie des reins ?
Le diabète maltraité, l’hypertension artérielle maltraité, la sédentarité. Il y a ce qu’on appelle les règles d’or : Manger moins gras, moins sucré, moins salé, faire du sport, contrôler régulièrement sa tension, sa glycémie. Le taux de prévalence de la maladie est tellement élevé qu’après notre plaidoyer pour une meilleure prise en charge des hémodialysés et des insuffisants rénaux, avec l’augmentation des centres de dialyse, maintenant, nous nous penchons vers la sensibilisation et le dépistage précoce.
Vous préparez une campagne de sensibilisation ?
L’année dernière, cette campagne a été menée en milieu scolaire. Il y a eu des établissements qui ont été visés et cette campagne a été menée.
Cette année, cette campagne, nous l’avons élargie en milieu scolaire, universitaire et au niveau de la formation professionnelle. Nous avons ciblé quatre régions : Saint-Louis, Thiès, Diourbel et Ziguinchor. Quatre universités qui sont ciblées. L’Université Assane Seck de Ziguinchor, l’université Gaston-Berger de Saint-Louis, l’Université Ibader Thiam de Thiès et l’Université Alioune Diop de Bambey sans compter les lycées techniques et autres.

