Nigéria : augmentation alarmante des taux de malnutrition dans la région du lac Tchad

Les taux de malnutrition sévère ont fortement augmenté dans les structures de santé soutenues par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) dans le nord-est du Nigéria a indiqué le CICR dans un communiqué.
« Les cliniques signalent une augmentation de 24 % du nombre de jeunes enfants souffrant de malnutrition par rapport à l’année précédente. Cette tendance à la hausse est un signe inquiétant que les familles de la région du lac Tchad ont de plus en plus de mal à nourrir leur famille », précise le communiqué.
Selon les estimations des agences humanitaires, 6.1 millions de personnes dans la région du lac Tchad connaîtront des pénuries alimentaires dans les mois à venir en raison du conflit et des effets du changement climatique, soit le chiffre le plus élevé depuis quatre ans, alerte le CICR.
Le conflit armé prolongé, qui s’est intensifié au premier semestre de l’année, est l’un des principaux facteurs à l’origine de l’aggravation de la crise alimentaire. Il a déplacé des millions de personnes, détruit les moyens de subsistance et a de graves répercussions sur l’accès aux terres agricoles, précise la même source.
La forte dépendance de la région à l’agriculture de subsistance la rend vulnérable aux effets du changement climatique, notamment aux précipitations irrégulières, qui entravent considérablement la production alimentaire. Dans le nord-est du Nigeria, le début de la saison des récoltes a coïncidé avec de fortes inondations qui ont emporté les semences et les espoirs de récolte après une période de soudure aride. Les conséquences sont dévastatrices, relève le CICR.
S’étendant de part et d’autre de la limite entre Afrique de l’Ouest et Afrique centrale, la région du lac Tchad est plongée dans une violente crise sécuritaire liée à l’activisme du groupe Boko Haram. Le conflit s’est déclenché en 2009 à Maiduguri, dans le nord-est du Nigéria, et s’est ensuite rapidement propagé aux pays voisins : Cameroun, Niger et Tchad.


