Maladies Hantavirus et Ebola
Dr Mamadou Ndiaye Directeur de la Prévention Le Sénégal a renforcé son dispositif de surveillance épidémiologique même si nous ne sommes pas concerné


Dr Mamadou Ndiaye Directeur de la Prévention
Entretien réalisé par Alain Savary
Afrik.com: On a beaucoup parlé de la fièvre hantavirus, le ministère de la Santé a communiqué pour dire que le Sénégal n’est pas concerné mais comment sécuriser car c’est une maladie qui voyage ?
Dr MAMADOU Ndiaye Pour rappel, c’est le 2 mai 2026 que la maladie s’est déclarée chez quelques passagers qui étaient à bord d’un navire de croisière et a été signalée à l’Organisation mondiale de la santé avec comme bilan 03 décès. L’infection par le hantavirus humain est principalement acquise par contact avec l’urine, les fèces ou la salive de rongeurs infectés. C’est une maladie rare mais grave qui peut être mortelle.
Notre pays n’est pas à priori concerné car le bateau n’a pas comme destination le Sénégal mais pour sécuriser, nous avons estimé nécessaire de renforcer notre surveillance épidémiologique au niveau de notre principale porte d’entrée maritime : le Port de Dakar. Notre pays a aussi un centre de surveillance épidémiologique aux frontières maritimes avec des agents qui suivent tous les bateaux dont la destination de Dakar est signalée. Aussi avant qu’un bateau n’entre au port Dakar, tous les évènements survenus à bord durant les dernières 72 heures nous sont signalés et ceci nous permet de prendre les devants.
Les bons réflexes
On voit des Sénégalais qui portent encore le masque malgré l’annonce faite concernant la fin de la COVID. Quelle lecture faites-vous de cette situation ?
C’est déjà une bonne chose que la pandémie de COVID 19 ait laissé des effets positifs notamment sur le plan de la prévention de certaines maladies transmissibles par voie aérienne ou contacts rapprochés. Ce sont des gens qui ont compris qu’en dehors de la COVID, il y a encore d’autres maladies transmissibles à éviter avec des masques et ou le lavage des mains, ceci est une bonne chose en soi.
L’hivernage s’est installé dans certaines zones du pays. Des recommandations d’usage ou y a-t-il quelque chose de spécifique ?
Oui, il faut savoir qu’avec l’hivernage, certaines maladies vectorielles surtout celles transmises par les moustiques connaissent une recrudescence. Certaines sont contagieuses et mortelles mais aussi aller jusqu’à occasionner des épidémies difficilement maitrisables. C’est le cas de la fièvre jaune par exemple pour ne citer que celle-là.
Renforcer les moyens de lutte
Où en est-on dans la lutte contre la dengue ?
La lutte contre la dengue reste une préoccupation du Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique car c’est une maladie récurrente depuis 5 ans maintenant avec des épisodes épidémiques durables. Nous disposons de moyens de surveillance et de diagnostic mais nos moyens de lutte face à cette maladie doivent être renforcés car cette maladie constitue actuellement l’un des défis à prendre en compte dans les prochaines années.
la maladie à virus Ebola vient d’être annoncée en République Démocratique du Congo et même être déclarée par l’OMS comme urgence de santé publique de portée internationale, quelles conséquences doit-on en tirer ?
D’abord savoir que tout le système de surveillance doit être mis en alerte, surveiller les points d’entrée du pays surtout terrestres sans oublier les aéroports, former et sensibiliser le personnel, renforcer la communication envers les communautés et évaluer notre plan de riposte et combler les gaps dans la lutte contre cette maladie pour éviter tout effet de surprise.
Nous demandons aux communautés d’écouter les conseils et recommandations des agents de santé en cas d’épidémies ou maladies d’apparition récente, demander à la presse également d’aider à véhiculer les informations crédibles car il y’a beaucoup de fake news et des rumeurs non fondées dès qu’une maladie est signalée dans un coin du globe. Enfin, venir toujours à la bonne source dès qu’il y’a du nouveau avant de communiquer.


