MAOULOUD 2026
Le Prophète Mohammad (PSL), L'Eternel éclaireur
afrik matin ouvre un dossier Maouloud pour mieux camper la vision qu’il y a à travers cet évènement religieux, Du Sénégal avec son Islam confrérique, l’Alaska aux USA aux fins fonds du monde en passant par le Nigéria et ailleurs, la Umma islamique célèbre avec la même ferveur, la naissance de celui qui est l’éternel éclaireur, Mohamed ibn Abdallah.
Le Prophète Mohammad (PSL)
L’Eternel éclaireur
Ne pas connaître la vie (Sira) du Prophète Mohammad (sur lui le salut et la paix) c’est se priver d’une des bases essentielles de la connaissance de l’Islam ! Comment comprendre le Coran sans connaître le contexte dans lequel il a été révélé et les événements qui ont jalonné cette période ? De même pour comprendre la Sunna qui fait toujours référence à un événement de cette époque ! Chaque musulman doit, avant d’investir dans de nombreux ouvrages, détenir à la fois le Coran, un ouvrage de hadiths (Sunna), et une biographie du Prophète.
. Dans les quelques pages qui suivent, nous allons tenter de survoler chronologiquement l’histoire extraordinaire de cet homme et essayer de vous faire découvrir son destin exceptionnel, ce qui ne vous dispense surtout pas d’une lecture plus approfondie, ne serait-ce que pour saisir le contexte et la portée spirituelle de chaque événement ! * An 570 (53 av. Hégire) – Année de l’Eléphant Naissance du jeune Mohammad (dont le nom signifie « Le Loué »), dans une famille de notables très respectée de la Mecque, de la tribu des Banû Hachim. L’enfant devint orphelin dès sa prime jeunesse : son père est mort peu avant sa naissance, puis sa mère alors qu’il n’était âgé que de 8 ans. C’est son grand-père qui va l’élever jusqu’à sa mort. On nous rapporte qu’il emmenait souvent son petit-fils avec lui aux réunions du Conseil des Sages dont il faisait partie. Après la disparition du grand-père, c’est son oncle, Abû Tâlib qui le recueille et l’élève à son tour. De nombreux événements sortant de l’ordinaire jalonnent la vie de l’enfant. Nous ne nous y attarderons pas bien que ceux-ci laissent présager du destin exceptionnel qui l’attend ! Premier voyage en Syrie Mohammad avait autour de 9 ans lorsqu’il accompagna son oncle, Abû Tâlib, pour mener une caravane de marchandises de la Mecque vers la Syrie. C’est vraisemblablement à l’occasion de ce voyage qu’eut lieu, entre Jérusalem et Bosra, la rencontre avec le moine chrétien, Bahira, qui découvrit sur le dos de l’enfant, une excroissance, signe de la prophétie. Toute reproduction, tout traitement ou toute diffusion totale ou partielle de ce support sans autorisation de Lumière d’Islam en Occident est strictement interdite Lumière d’Islam en Occident www.lumiere-islam.fr – contact@lumiere-islam.fr Le Prophète Muhammad (sur lui le salut et la paix) Il faut préciser que les Juifs et les Chrétiens de l’époque versés dans les Ecritures attendaient la venue d’un nouveau Prophète. Le moine Bahira était de ceux-là. Il en informa l’oncle, en lui recommandant de garder le secret afin que nul ne cherche à nuire à l’enfant ou à l’éliminer. Il fut un enfant très raisonnable, ne se mêlant guère aux jeux des enfants de son âge. Il demeurait souvent isolé. Précisons encore qu’il fut berger, comme tous les Prophètes ! Devenu adulte, il gagnait sa vie en accompagnant des caravanes de marchandises. La Mecque était un centre commercial très actif. Mohammad était particulièrement apprécié de ses concitoyens, ce qui lui valut le surnom de « Al Amin », l’homme de confiance ! A retenir qu’il refusait déjà l’idolâtrie et n’a jamais pratiqué les rites d’adoration des idoles comme le faisaient les habitants de cette région. An 595 (15 ans avant la première Révélation, 28 ans avant l’Hégire), mariage avec Khadija, une riche commerçante plus âgée que lui. Il a 25 ans, elle en a sans doute 40. Veuve, elle avait trois enfants. C’est Khadija qui prit l’initiative de la demande en mariage, ayant pu apprécier toutes les qualités de Mohammad. Pendant les 25 années de leur vie commune, leur union fut très harmonieuse. Pendant toute cette durée, le Prophète n’épousa aucune autre femme, bien qu’à cette époque la polygamie n’avait pas encore fait l’objet d’une réglementation et qu’elle était pratique courante dans cette région. Ils eurent sept enfants, trois garçons qui moururent tous en bas âge, et quatre filles qui, toutes, vécurent assez longtemps pour embrasser l’Islam. La plus connue d’entre elles est évidemment Fâtima, qui devint l’épouse d’Ali, cousin de Mohammad. Elle fut la seule à survivre à son père, et seulement quelques mois, toutes ses sœurs ayant quitté ce monde auparavant ! Khadija fut la première à croire au message divin qu’il avait reçu, elle se convertit aussitôt, et fut, tout au long de sa vie, un tendre et solide soutien dans les épreuves qui suivirent la Révélation. En effet, dès que le message devint public, les gens de la Mecque commencèrent par se moquer. Puis, voyant que des conversions à la nouvelle religion se multipliaient et craignant que leur pouvoir en fut diminué, (d’autant que les valeurs prônées par l’Islam avaient un but moralisateur, leur semblaient contraignantes, et ils n’étaient pas prêts à se réformer), ils se mirent à persécuter les musulmans ! Khadija mourut en l’An 620, après 25 ans auprès de l’Envoyé de Dieu, des suites des privations subies lors de l’exil qu’on leur imposa dans le désert ; le Prophète en éprouva une peine profonde. On sait qu’elle fût, de toutes les femmes qu’il épousa, celle à laquelle il porta le sentiment le plus fort. On nous a rapporté qu’il fut chargé de lui annoncer qu’elle aurait « une maison de nacre au Paradis et qu’elle n’y serait troublée par aucun bruit ». On nous rapporte que le Prophète a tenu ces propos : La meilleure des femmes au monde a été Marie (Mère de Jésus) ; la meilleure des femmes de ma communauté a été ma première épouse, Khadija. (B) Beaucoup d’événements importants se sont produits durant la vie du Prophète, que nous tentons de relater ci-après et dont la portée à la fois temporelle et spirituelle ne doit pas être oubliée. An 605 – Reconstruction de la Maison sacrée (La Kaaba)- 2 Lumière d’Islam en Occident – contact@lumiere-islam.fr Le Prophète Muhammad (sur lui le salut et la paix) La Révélation n’a pas encore commencé. Le Prophète a alors 35 ans. La Kaaba – construite à l’origine par Abraham et son fils Ismaël – faisait déjà l’objet d’un pèlerinage. A la suite de dommages causés par le feu et par l’eau, plusieurs tribus de la Mecque décidèrent de s’allier pour la reconstruire. Mais un différend survint entre eux au moment de remettre la pierre noire dans l’emplacement qui lui était destiné et se mirent tout de même d’accord pour décider que la première personne qui arriverait serait chargée de cette opération. C’est Mohammad qui se présenta ! Il plaça la pierre sur une étoffe et la fit soulever par un représentant de chacune des tribus. Lorsque la pierre fut élevée à bonne hauteur, il ne lui resta plus qu’à la faire glisser dans son habitacle et tout le monde se déclara satisfait. Il était bien l’homme de confiance ! An 609 – Première Révélation Le Prophète avait atteint l’âge de 40 ans lorsque lui parvint la première Révélation. Nous avons déjà dit qu’il refusait l’idolâtrie et toutes les pratiques païennes qui l’accompagnaient. Mû par une démarche spirituelle, il avait depuis quelques années déjà pris l’habitude de se retirer dans la Grotte de Hira, située sur une colline toute proche de La Mecque, dans le désert, pour méditer. C’est ainsi que lui parvint un beau jour la première Révélation du Coran. « Lis… » (Coran 96/1 à 5) La tradition nous rapporte qu’il fut effrayé, craignant même de devenir fou. Son épouse Khadija et l’un de ses cousins chrétien, Waraqa, le rassurèrent et le réconfortèrent. On nous rapporte que Waraqa ajouta que ses concitoyens allaient le contraindre à l’exil ! Il s’en étonna car il se savait très apprécié par eux. Waraqa lui dit alors : « Certes, aucun homme n’a apporté ce que tu apportes sans que ses concitoyens ne le prennent pour ennemi. Si je vis encore ce jour-là, je te viendrai en aide autant que je le pourrai ». (B et M) Cette première révélation du Coran fut suivie de beaucoup d’autres, jusqu’à ce que, au bout de près de 25 ans, l’ensemble du Coran soit révélé en son entier. Dans les premiers temps, cet événement extraordinaire fut gardé secret entre lui et ses proches, dont son épouse Khadija. Elle se convertit aussitôt ainsi que leurs filles et Ali, cousin du Prophète. An 612/613 – Mission rendue publique Puis, environ trois années plus tard, un verset du Coran ordonne enfin au Prophète de rendre public le message divin auprès de ses concitoyens. Expose donc clairement ce qu’on t’a commandé et détourne-toi des associateurs (Coran 15/94) La première réaction de ceux-ci ne se fit pas attendre. Le Prophète eut d’abord à souffrir de leurs moqueries. Du coup, ils oublièrent que peu avant qu’il leur parle du message, il était à leurs yeux, l’homme de confiance « Al Amin ». Peu à peu quelques conversions eurent lieu, et au fur et à mesure que leur nombre augmenta, les chefs des tribus se mirent à craindre que Mohammad ne prenne trop d’importance et que leur pouvoir diminue… En outre, l’Islam apportant une moralisation des comportements humains, beaucoup n’étaient pas prêts à s’y conformer !- 3 Lumière d’Islam en Occident – contact@lumiere-islam.fr Le Prophète Muhammad (sur lui le salut et la paix) Les persécutions commencèrent donc contre les musulmans et les gens de Quraych devinrent tout à coup des ennemis pour le Prophète, les membres de sa famille et les nouveaux convertis. Elles se multiplièrent à leur égard. On nous rapporte par exemple que Bilal, qui était esclave, fut torturé par ses maîtres, d’autres par leurs propres parents, dans le but de leur faire renier leur foi, mais ils résistèrent courageusement. Premières émigrations vers l’Abyssinie Après quelques années (environ 5 ans après la première révélation) et en raison de la violence qui s’exerçait contre eux, le Prophète (sur lui le salut et la paix) conseilla à ceux qui le voulaient d’émigrer vers l’Abyssinie. Il en partit un certain nombre. Parmi ces émigrés, nous trouvons plusieurs femmes dont certaines deviendront, plus tard, des « Mères des Croyants », c’est-à-dire épouses du Prophète. Ils reçurent un accueil bienveillant de la part du Négus, roi de ce pays, qui refusa de les rendre à leurs poursuivants de la Mecque venus les réclamer, après qu’il se soit « renseigné » sur ce qu’enseignait cette nouvelle religion. Il fut très touché de constater que le message du Coran évoquait Marie, mère de Jésus, en des termes identiques à ce qu’il connaissait comme chrétien. On nous dit qu’il se convertit secrètement. An 616 – Décret d’exclusion – Boycottage Les persécutions se poursuivirent contre ceux qui étaient demeurés à la Mecque. Les Quraysh décidèrent de mettre tout le clan du Prophète en exil et de bannir tous ses membres. Ils rédigèrent un « arrêté d’exclusion » qui fut accroché à l’intérieur de la Kaaba, interdisant en outre aux habitants de la ville de les ravitailler, de s’associer, acheter ou vendre, à tous ceux qui prendraient leur parti. Le Prophète, avec toute sa famille (à l’exception de son oncle Abû Lahab qui faisait partie de ses persécuteurs), se retrouvèrent durant trois longues années exilés à quelques kms de La Mecque, dans une vallée désertique. Ils ne durent leur survie qu’aux caravanes, pèlerins et autres voyageurs qui, passant à proximité de cet endroit, leur laissaient quelques nourritures, ignorant l’interdit qui les frappait. Egalement des cousins de Khadija, bien que non-musulmans, leur apportaient un peu de nourriture en cachette, pleins de compassion pour ce qu’ils enduraient. On nous rapporte qu’ils furent heureux un jour de trouver la peau d’une bête morte depuis plusieurs jours afin de la faire cuire ! Tenaillés par la faim, ils se posaient sur le ventre des pierres chauffées au soleil brûlant, afin d’apaiser un peu leurs douleurs. Enfin, grâce à Dieu, le décret de boycottage suspendu à l’intérieur de la Kaaba fut détruit, au grand soulagement de certains des mecquois qui étaient mal à l’aise face à cette situation indigne ! Cependant, certains des exilés avaient été si éprouvés par cette période terrible que leur santé en fut altérée et ne purent survivre longtemps. Ce fut le cas de Khadija et de l’oncle Abû Tâlib. Ainsi, trois avant l’Hégire, épuisés par les privations, Khadija mourut quelques temps après la levée du boycottage, tout comme l’oncle du Prophète, Abû Tâlib, qui était son protecteur contre ses ennemis de La Mecque.- 4 Lumière d’Islam en Occident – contact@lumiere-islam.fr Le Prophète Muhammad (sur lui le salut et la paix) Le Prophète se retrouva brusquement privé à la fois du tendre soutien de son épouse Khadija et de la protection diplomatique de son oncle, qu’il affectionnait beaucoup. Voyage à Taïf Peu après, il décida de se rendre à Taïf, à deux jours de marche de La Mecque, où il espérait recevoir un appui auprès de la tribu de Thaqif et trouver un refuge pour lui et sa Communauté. Mais les habitants lui réservèrent un mauvais accueil et envoyèrent des jeunes gens lui jeter des pierres pour le chasser, lui et celui qui l’accompagnait (probablement Zayd, un jeune serviteur qu’il avait « adopté »). Ils n’eurent que le temps de se réfugier dans une vigne appartenant à deux frères chrétiens. Pris de compassion pour l’état du Prophète et de son compagnon, ils lui firent porter quelques nourritures par leur serviteur. C’est en cette circonstance pathétique que le Prophète adressa cette magnifique et célèbre invocation à Dieu : « Ô mon Dieu ! Je me plains auprès de Toi de ma faiblesse, de mon impuissance et du mépris des gens à mon égard. Ô Toi, le plus Clément et le plus Miséricordieux ! Tu es le Seigneur des faibles et Tu es mon Seigneur. A qui me confies-Tu ? A un étranger hostile ou à un ennemi qui serait mon maître ? Tout cela importe peu, tant que je ne m’attire pas Ta colère car, pour moi, Ta faveur est plus vaste que tout. Je cherche refuge auprès de la lumière de Ton visage par laquelle les ténèbres brillent et par laquelle les affaires de ce monde et celles de l’au-delà marchent bien, contre toute décharge de Ta colère sur moi. C’est Toi que l’on doit satisfaire jusqu’à ce que Tu sois satisfait. Il n’y a de force ni de puissance en dehors de Toi. » Il put retourner à la Mecque après avoir rencontré un homme qui accepta de lui apporter sa protection. Il faut retenir que depuis le début de sa mission, et malgré les persécutions dont sont victimes sa communauté, sa famille et lui-même, jamais il n’a répondu aux attaques ni n’a proféré la moindre menace contre les persécuteurs et les tortionnaires, faisant preuve d’une patience à toute épreuve. Serment d’Aqaba C’est dans le même temps que des gens de Médine, qui avaient déjà embrassé l’Islam, vinrent une première fois pour rencontrer le Prophète. Puis, lors d’une nouvelle rencontre à Aqaba, près de la Mecque, l’année suivante, un groupe de 70 personnes (dont deux ou trois femmes) lui fit une nouvelle visite pour lui offrir leur hospitalité à lui et ceux de sa communauté qui le voudraient, dans la ville de Médine (ancienne Yathrib). Le Prophète accepta leur offre et après qu’ils se furent mis d’accord sur les conditions de celle-ci, il fit prêter serment à chacun, aussi bien aux hommes qu’aux femmes. Dans le même temps, il épousa Sawda. Il s’agissait d’une femme d’une cinquantaine d’années qui avait fait l’émigration d’Abyssinie et, devenue veuve, en était revenue. Elle avait fait preuve d’un grand – 5 Lumière d’Islam en Occident – contact@lumiere-islam.fr Le Prophète Muhammad (sur lui le salut et la paix) courage. Fervente dans sa foi, elle fut honorée d’avoir été distinguée par l’Envoyé de Dieu qui lui portait une grande estime. Elle fut, pour la famille du Prophète, une femme attentive et dévouée. Demande en mariage de Âïsha, fille de Abû Bakr, le Compagnon le plus proche du Prophète, qui fut à la fois heureux de donner sa fille à l’Envoyé de Dieu et honoré de devenir un membre de sa famille. Elle resta chez ses parents encore quelques années en raison de son jeune âge. An 622 (An 1 de l’Hégire) Le lundi 12 du mois de Rabi al Awwal, le Prophète et son Compagnon de route, Abû Bakr, arrivèrent à Qoba, petite ville près de Médine, après un voyage plein de dangers. Ils avaient quitté la Mecque en grand secret, le Prophète ayant été informé que les gens de Quraych s’apprêtaient à l’assassiner. Un accueil très chaleureux les attendait lors de leur entrée à Médine, où chacun s’ingénia à bien les recevoir, confirmant ainsi l’offre faite à Aqaba. Déjà bon nombre des musulmans de La Mecque étaient rendus à Médine, rejoignant ainsi les musulmans de cette ville (les « Ansars »). Il faut dire qu’un compagnon avait été envoyé dans cette ville pour diffuser le message auprès des habitants de cette ville, qui comptait donc déjà un certain nombre de convertis. Tous les émigrés (les « Muhâjirûn ») avaient abandonné leurs maisons, leurs biens, leurs commerces à La Mecque et se trouvaient donc très démunis. Le Prophète institua une « alliance » de fraternité entre les émigrés et les musulmans de Médine, ces derniers subvenant aux besoins des nouveaux venus. La première chose que le Prophète entreprit avec ses Compagnons fut la construction de la première mosquée à laquelle fut accolée son habitation pour y accueillir sa famille. Organisation sociale de la Communauté. Mise en place de la Constitution Dès son arrivée, le Prophète procéda à l’organisation de la vie sociale de la Communauté. Il lui fallait définir les relations des musulmans entre eux et celles des musulmans avec les non-musulmans, organiser la vie collective, la vie économique, la défense de la ville, l’éducation, les finances, la justice. Il est à noter qu’au moment de l’Hégire, la ville de Médine comportait environ 10.000 habitants dont 5.000 juifs. Tous les chrétiens de la ville s’étaient déjà convertis à l’Islam. A la mort de l’Envoyé de Dieu, il y avait environ 15.000 habitants, tous musulmans, sauf encore un très petit nombre de juifs. Un Pacte fut signé entre les musulmans et les juifs, aux termes duquel ces derniers s’interdisaient notamment d’apporter leur aide aux Quraysh (gens de La Mecque) contre les musulmans. Rendus furieux par cet accord, les Quraysh décidèrent alors d’affamer la ville en n’y laissant plus parvenir aucune caravane de marchandises, bloquant ainsi l’approvisionnement de ses habitants, musulmans ou juifs indistinctement. An 2 de l’Hégire – Bataille de Badr C’est alors que le Prophète (sur lui le salut et la paix) reçut la permission de se défendre contre ceux qui le persécutaient lui et la population de Médine : Toute autorisation de se défendre est donnée aux victimes d’une agression, qui ont été injustement opprimés, et Dieu a tout pouvoir pour les secourir. (Coran 22/39)- 6 Lumière d’Islam en Occident – contact@lumiere-islam.fr Le Prophète Muhammad (sur lui le salut et la paix) L’embargo ainsi mis en place contre la ville de Médine provoqua une situation difficile et il était effectivement devenu nécessaire de se défendre face à cette situation. En outre, les musulmans avaient abandonné leurs biens qui avaient été aussitôt accaparés par les mecquois. Ces derniers étaient donc « redevables » de ces biens aux musulmans émigrés ! Informé qu’une caravane de marchandises rentrait de Syrie vers La Mecque, le Prophète décida de l’interpeller. Mais il manqua son but, le chef de cette caravane, Abû Sofian, ayant pris une autre route. Il avait envoyé un émissaire à La Mecque, pour prévenir que le Prophète avait tenté de le poursuivre et les chefs de la ville décidèrent de mener une action punitive contre les musulmans. C’est ainsi que, pour la première fois, le Prophète et ses Compagnons furent amenés à combattre contre leurs ennemis. Malgré leur petit nombre (320 hommes contre trois fois plus chez leurs ennemis), ils sortirent vainqueurs de cette bataille, aidés de 1.000 anges venus combattre à leurs côtés : Lorsque vous imploriez l’assistance de votre Seigneur, n’a-t-il pas exaucé vos prières en vous disant : « Je vous envoie en renfort mille anges qui déferleront en vagues successives. » (Coran 8/9) A l’issue de cette bataille, les musulmans firent environ 70 prisonniers qu’ils ramenèrent avec eux à Médine. Ils furent traités avec humanité et ne furent pas entravés. A certains, il fut demandé une rançon contre leur liberté. De ceux qui savaient lire et écrire, on exigea qu’ils enseignent l’écriture à dix personnes parmi les musulmans ! C’est dire l’importance déjà attachée à l’instruction par le Prophète de l’Islam. Entrée d’Âïsha dans la maison du Prophète. Fille d’Abû Bakr, le Compagnon le plus proche du Prophète, elle était encore jeune ; c’est la raison pour laquelle il s’est écoulé un certain temps entre la demande en mariage et le moment où Âïsha entra dans la maison de l’Envoyé de Dieu. Elle n’avait pas été choisie au hasard. Sa jeunesse était précisément un atout majeur pour la mission qu’elle aurait à remplir tout au long de sa vie. En effet, elle fut éduquée et formée dès sa petite enfance dans les principes et les valeurs de l’Islam. Elle était présente à tous les entretiens de son père avec le Prophète, puis, lorsqu’elle eut intégré sa maison, elle suivait toutes ses causeries avec les Compagnons. Elle avait une mémoire prodigieuse et un esprit vif. Elle connaissait les circonstances de la révélation du Coran et, vivant aux côtés de l’Envoyé de Dieu, elle put rapporter un grand nombre de hadîth (environ 2.200). An 3 de l’Hégire (625) – Bataille d’Uhud Cette bataille avait en quelque sorte été « programmée » à la fin de Badr. En effet, les gens de Quraysh donnèrent rendez-vous aux musulmans pour l’année suivante, pour prendre une revanche. Les musulmans ne pouvaient pas ne pas s’y rendre, sous peine de lâcheté … et de représailles ! Au cours de cette bataille, la désobéissance aux ordres du Prophète par quelques hommes entraîna une défaite pour les musulmans. Les Quraysh se montrèrent d’une cruauté et d’une sauvagerie sans pareil à l’égard des combattants musulmans, qui sont considérés par l’Islam comme des martyrs. Lors de cette bataille, le Prophète perdit notamment un de ses oncles, Hamza. Par la suite, il devait souvent évoquer cette bataille et faire de nombreuses invocations pour ceux qui étaient morts martyrs à Uhud.- 7 Lumière d’Islam en Occident – contact@lumiere-islam.fr Le Prophète Muhammad (sur lui le salut et la paix) Il est à noter que plusieurs femmes furent présentes à cette bataille. Législation sur l’héritage en faveur des femmes, aussitôt après Uhud. Désormais elles ne sont plus héritées mais reçoivent même une part de l’héritage. Mariage avec Hafsa : Elle était la fille d’un des très proches Compagnons du Prophète, Umar al Khattab, qui, avant de se convertir était également un ennemi de l’Islam. Il s’était même proposé pour le tuer, mais il fut détourné de son projet et au lieu de cela, il se convertit. D’une famille d’intellectuels, Umar est un riche commerçant respecté par ses compatriotes. Dès lors qu’il fut musulman, il n’eut de cesse de servir l’Islam et mit sa fortune à la disposition des musulmans. Lorsque sa fille Hafsa se retrouva veuve, elle avait 20 ans ; le Prophète lui proposa de l’épouser. Umar en fut très honoré et accepta ! L’entrée de Hafsa agrandit la maison familiale et permit à Âïsha de trouver une compagne jeune comme elle. Elles s’entendirent très bien. A retenir que c’est à elle que fut confiée la garde de la copie du Coran, alors qu’il était en cours de recensement. En effet, Abû Bakr et Umar avaient pris conscience que peu à peu, des Compagnons qui savaient le Coran par cœur allaient disparaître et craignaient que plus personne ne le sache par la suite. Un grand travail fut entrepris, qui fut terminé sous le Califat de Uthmân. An 3 de l’Hégire : Mariage avec Zainab bent Khuzayma An 4 de l’Hégire : Mariage avec Um Salama (Hind) C’est elle qui, lors du Pacte de Hudaybiya, conseilla au Prophète de procéder au sacrifice de l’animal qu’il avait amené, afin de convaincre les Compagnons sceptiques à propos de la Trêve, de faire de même et de renoncer à se rendre à La Mecque cette année-là. (Cette trêve est évoquée dans une autre partie de ce livret.) (B) Elle participa encore, avec d’autres femmes, à plusieurs batailles. Plusieurs fois, la Révélation est parvenue au Prophète alors qu’il était dans ses appartements (notamment 9/102 et 33/33). Elle est la seule avec Âïsha à avoir eu ce privilège. (M) Nous lui devons un certain nombre de hadîth (67). Plusieurs Compagnons la consultèrent encore après la disparition du Prophète. An 5 de l’Hégire : Mariage avec Zainab bent Jahch Elle était issue d’une famille noble de La Mecque. Sa mère était une tante paternelle du Prophète. Zainab avait d’abord été mariée avec Zayd ben Haritha. Ce dernier avait été esclave, mais le Prophète le traitait comme son propre fils au point qu’il refusa de repartir avec son père pour rester dans la maison du Prophète.- 8 Lumière d’Islam en Occident – contact@lumiere-islam.fr Le Prophète Muhammad (sur lui le salut et la paix) Plus tard, c’est le Prophète qui maria Zainab avec Zayd, mais le couple ne s’entendait pas très bien et finalement divorça. Plus tard, le Prophète reçut une révélation qui a une double portée : D’abord : réglementation de l’adoption : interdiction de l’adoption plénière, c’est-à-dire de donner son nom à l’enfant que l’on prend en charge, ce dernier devant continuer de porter le nom de son géniteur. Il est à noter que cette réglementation permettait de ne pas léser les droits des enfants légitimes en matière d’héritage ; en outre, elle évitait qu’un mariage consanguin puisse avoir lieu entre des frères et sœurs qui auraient ignoré leurs liens. Dieu n’a pas fait de vos enfants « adoptifs » vos fils véritables… Appelez-les par le nom de leurs pères cela est plus juste auprès de Dieu. Si vous ignorez leurs pères, ce sont alors vos frères dans la foi et vos protégés. (Coran 33/4.5) Puis, l’ordre d’épouser Zainab (devenue divorcée de Zayd, « protégé de Mohammad »). Le but de cette disposition était de ne plus interdire d’épouser la veuve ou la divorcée d’un enfant « adoptif », qui n’était qu’un « protégé ». Puis, quand Zayd eut cessé toute relation avec elle, nous t’avons marié à elle afin qu’il n’y ait pour les croyants aucun empêchement envers les épouses de leurs fils adoptifs, lorsque ceux-ci ont cessé toutes relations avec elles. Le commandement de Dieu devient exécutoire. (Coran 33/36.37) Elle était artisane et tannait des peaux avec lesquelles elle fabriquait des objets en cuir qu’elle revendait. Cela lui permettait de faire des œuvres charitables. Extrêmement généreuse, elle donnait aux nécessiteux tout ce qu’elle possédait. An 5 de l’Hégire : Révélation des versets sur le voile Il semble que ce soit un peu avant la Guerre du Fossé, que furent révélés les versets concernant le port du voile pour la femme. Plusieurs savants, dont Ibn Kathîr l’affirment. Ô Prophète ! Dis à tes épouses, à tes filles et aux épouses des croyants de ramener un pan de leur voiles sur elles. C’est le meilleur moyen pour elles de se faire connaître et d’éviter ainsi d’être offensées. (Coran 33/59) Invite également les croyantes à … rabattre leurs voiles sur leurs poitrines… (Coran 24/31) An 5 de l’Hégire : Attaque surprise des Banu Mustaliq Il s’agissait d’une tribu vivant près de la Mecque qui tramait un complot contre les musulmans. Le Prophète, prévenu de leurs préparatifs de guerre, les devança afin de bénéficier de l’effet de surprise. De ce fait, il remporta une victoire facile. A l’issue de cette campagne, il y eut des prisonniers, dont la fille du chef de cette tribu. Elle avait 18 ans et le Prophète lui offrit soit de payer sa rançon, soit de l’épouser. Elle opta pour le mariage ! Mariage avec Juwayriya De ce fait, tous les prisonniers de sa tribu furent libérés car il était inenvisageable de garder comme prisonniers des gens qui désormais étaient apparentés avec l’Envoyé de Dieu et le butin fut resti
contribution de Pathé Guèye
ancien commissaire chargé des Infrastructures à la CEDEAO

