
cheikh Diba Ministre des Finances
Les chiffres enjolivent, les promesses rassurent, mais la vérité est brutale : le Sénégal vit sous perfusion internationale. On brandit une croissance de 6,7 % en 2025, dopée par le pétrole. On applaudit une inflation contenue à 1,4 %. Mais derrière ces mirages statistiques se cache une dette publique écrasante : 132 % du PIB. Un quart des recettes fiscales sert uniquement à payer les intérêts. Autrement dit, l’État travaille d’abord pour ses créanciers, ensuite — peut‑être — pour son peuple.
La révélation d’une dette cachée a été présentée comme un acte de transparence. En réalité, elle a exposé le pays à une tutelle financière. Ousmane Sonko voulait incarner la souveraineté ; il a ouvert la porte au FMI. Résultat : le Sénégal est riche en pétrole mais dépendant des bailleurs, riche en promesses mais prisonnier des conditionnalités. Chaque tranche du FMI est vendue comme une bouffée d’oxygène ; c’est en fait une chaîne supplémentaire.
Cette dette dissimulée illustre une faillite de gouvernance. L’inexpérience a plongé le pays dans le gouffre, et les Sénégalais paient au prix fort les errements de leurs dirigeants. L’accord avec le FMI promet des dépenses sociales accrues, mais l’histoire est connue : derrière les mots, l’austérité. Hausse des impôts, coupes dans les services publics, pression sur les ménages. Les plus vulnérables paient toujours le prix des réformes dictées de l’extérieur.
On parle de victoire diplomatique. C’est une capitulation budgétaire. Le Sénégal ne décide plus seul de ses priorités : il les négocie à Washington. La souveraineté économique est réduite à une fiction. La manne pétrolière risque de devenir un piège si elle ne sert qu’à rembourser des dettes contractées dans l’opacité.
Le FMI n’est pas un sauveur, c’est un contrôleur. La vraie réforme n’est pas la discipline imposée de l’extérieur, mais celle que nous devons nous imposer : transparence, rigueur, et surtout, la volonté de ne plus brader notre avenir.



